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08 mai 2026

1 Jean 2.4-6

A un moment de leur vie, la plupart des gens se demandent ce qu’il y a après, c’est à dire dans l’au-delà. Les beaux parleurs de notre société humaniste s’égosillent à crier que le trou c’est la fin, mais la plupart de nos concitoyens ont des doutes ; ils n’arrivent pas à croire que la mort met un terme final à leur existence. Oui, mais s’il y a quelque chose après, ça veut sans doute aussi dire qu’il va falloir subir une sorte d’épreuve ou un jugement, alors comment être sûr d’aller du bon côté ? Eh bien, tous les auteurs du Nouveau Testament abordent ce sujet. Quand l’apôtre Jean écrit : « À ceci nous reconnaissons que nous l’avons connu », il dit qu’il est possible de savoir si oui ou non quelqu’un connaît Dieu. Or, dans l’évangile selon Jean, on lit que dans la longue prière sacerdotale que Jésus adresse à son Père, il dit :

La vie éternelle consiste à te connaître, toi le Dieu unique et véritable, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ (Jean 17.3).

Connaître Dieu, c’est posséder la vie éternelle, être pardonné de toutes les fautes qu’on a pu commettre dans sa vie et donc échapper au châtiment. C’est aussi ce que Jésus dit. Jean rapporte qu’il a dit :

Oui, vraiment, je vous l’assure : celui qui écoute ce que je dis et qui place sa confiance dans le Père qui m’a envoyé, possède, dès à présent, la vie éternelle et il ne sera pas condamné ; il est déjà passé de la mort à la vie (Jean 5.24).

Cependant, se savoir pardonné et posséder l’assurance d’être sauvé est une perle rare même parmi les véritables croyants. Un auteur chrétien écrit : « Tous souhaiteraient posséder cette couronne mais peu la portent sur leur tête. La plupart d’entre eux vivent entre craintes et espoirs et sont suspendus, pour ainsi dire, entre le ciel et l’enfer ; ils espèrent que leur état est bon mais ils craignent qu’il soit mauvais à cause de leur corruption ou de la fréquence d’une tentation. Ils sont un peu comme un navire dans une tempête, ballotté de tous côtés » (traduction libre ; Heaven on Earth : A Treatise on Christian Assurance [réimpr. ; Édimbourg : Banner of Truth, 1982], p. 15,11).

Pourtant, l’assurance d’être pardonné et de posséder la vie éternelle n’est pas un privilège réservé à quelques-uns, c’est un droit pour tous les croyants. S’il est vrai qu’il n’est pas possible de perdre le salut, on peut par contre perdre son assurance qu’on est sauvé, surtout si on ne marche pas dans la lumière avec Dieu.

Quant à ceux qui croient que le salut résulte d’un effort commun entre le Seigneur et le pécheur, ils se mettent dans une situation inextricable, car Dieu fera toujours sa part, mais le pécheur sera-t-il à la hauteur ? Évidemment pas ! Dans ces conditions, il n’est jamais possible pour une telle personne d’avoir l’assurance du salut. D’ailleurs à ce sujet, au 16e siècle, le Concile de Trente (1545-1563) a précisé et je cite : « L’assurance que peut avoir le croyant du pardon de ses péchés est une confiance vaine et impie » (cité par John MacArthur, Commentaires bibliques sur le Nouveau Testament, 1Jean 2.3).

Par contre, les réformateurs protestants du 16e siècle sont tout à fait convaincus par les Écritures que les croyants peuvent et doivent vivre avec l’espérance confiante du salut. En effet, quand quelqu’un est convaincu de sa condition de pécheur et de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, s’il place sa foi en Jésus-Christ comme son Sauveur, il est alors convaincu par le Saint Esprit de l’authenticité de sa foi nouvelle, ce qui le rassure concernant l’éternité. Le salut ne repose pas sur les émotions du moment mais sur la Parole de Dieu (Jean 1.12, 13 ; 3.16 ; 6.37 ; 10.9 ; Actes 13.38, 39 ; Romains 10.9-13) qui donne aux croyants la source objective de leur assurance. Cette assurance est confirmée de manière subjective par les fruits spirituels produits par le Saint-Esprit dans la vie du fidèle, comme par exemple la foi en la vérité des Écritures et le désir d’obéir à Dieu.

La Parole de Dieu enseigne clairement que ceux qui sont véritablement sauvés ne peuvent jamais perdre leur salut (Jean 10.28) car ils ont été scellés de manière permanente par le Saint-Esprit (Éphésiens 1.13), et rien ne peut les séparer de l’amour de leur Sauveur (Romains 8.38, 39). Cependant, dans sa seconde épître aux Corinthiens (13.5), l’apôtre Paul écrit que tous ceux qui se disent chrétiens doivent examiner leur vie, afin de s’assurer que le salut qu’ils disent posséder est authentique. Si c’est le cas, le croyant manifestera des signes montrant que le Saint Esprit est à l’œuvre dans sa vie. Par exemple, aux Galates, l’apôtre Paul écrit :

Le fruit de l’Esprit c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi. […] ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié l’homme livré à lui-même avec ses passions et ses désirs (Galates 5.22-24).

Vers la fin de sa première épître, Jean expose l’une des raisons pour lesquelles il l’a rédigée quand il dit :

Je vous ai écrit cela, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au Fils de Dieu (1Jean 5.13).

L’obéissance aux commandements de Dieu constitue une preuve visible et objective qu’une personne possède la foi qui sauve, et c’est la base sur laquelle on peut avoir l’assurance de posséder la vie éternelle.

Au début du deuxième chapitre de sa première épître, Jean présente l’aspect positif de l’assurance du salut quand il dit :

À ceci nous reconnaissons que nous l’avons connu : si nous gardons ses commandements (1Jean 2.3 ; SER).

Maintenant il va parler de son aspect négatif. Je le lis.

Si quelqu’un dit : “ Je le connais ” sans obéir à ses commandements, c’est un menteur et la vérité n’est pas en lui (1Jean 2.4).

Dans le premier chapitre de cette épître, Jean a déjà fait une remarque similaire quand il a dit :

Si nous prétendons être en communion avec lui, tout en vivant dans les ténèbres, nous sommes des menteurs et nous n’agissons pas comme la vérité l’exige de nous (1Jean 1.6).

Jean est catégorique c’est le moins qu’on puisse dire, mais il a raison. Celui qui désobéit systématiquement et d’une manière effrontée aux commandements de Dieu montre par là qu’il n’est pas un enfant de Dieu et donc qu’il ne possède pas la vie éternelle.

À plusieurs reprises dans cette épître, Jean s’insurge contre ceux qui professent être en communion avec Dieu qu’ils prétendent connaître, alors que leur façon de vivre prouve le contraire. Fidèle à lui-même et à sa réputation de « fils du tonnerre », l’apôtre Jean n’a pas peur de froisser les âmes sensibles en qualifiant de « menteurs » ceux qui œuvrent contre la vérité ou les prétentieux qui osent affirmer ne pas avoir la nature de péché en eux ou ne pas commettre de fautes (1Jean 1.8, 10). Ces faux frères sont gravement déconnectés des réalités spirituelles. Jean expose ici le danger de se tromper soi-même eu égard à son statut devant Dieu. Se leurrer ainsi est certainement la plus grande tragédie qui soit, car un tel aveuglement empêche quelqu’un de se repentir et d’embrasser la vérité à salut, ce qui entraîne sa condamnation éternelle.

Beaucoup de personnes religieuses disent être des enfants de Dieu. Le dire c’est facile, mais ce qui compte c’est de le prouver, et d’abord à soi-même, prouver que je suis bien sauvé et que je possède une nouvelle nature parce que j’ai un réel désir de vivre en communion avec le Père et d’obéir à sa Parole.

« L’homme spirituel, (écrit Jacques dans son épître), scrute la loi parfaite qui donne la liberté, il lui demeure fidèlement attaché et, au lieu de l’oublier après l’avoir entendue, il y conforme ses actes » (Jacques 1.25 ; comparez 1Jean 3.18, 19). Il est très difficile de croire que quelqu’un possède la vie éternelle alors qu’il n’a pas d’intérêt particulier pour les Écritures et qu’il mène sa vie dans l’indifférence quasi totale à l’égard des commandements de Dieu. Jean rapporte que parlant du Père qui l’a envoyé, Jésus a dit : « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8.29).

En ce qui me concerne, je ne peux évidemment pas en dire autant ; cependant mon souhait sincère est de faire la volonté de Dieu. Dans son évangile, Jean écrit : « Qui place sa confiance dans le Fils possède la vie éternelle » (Jean 3.36). Certes, mais le croyant doit pouvoir prouver à lui-même qu’il possède la foi véritable en examinant son cœur pour savoir s’il désire vraiment obéir à son Père céleste. En effet, il va de soi que ceux qui appartiennent au royaume de Dieu entendent la voix du Roi des rois et se soumettent à son autorité, ce que Jésus a d’ailleurs confirmé quand il a dit à Ponce Pilate : « Quiconque est de la vérité écoute ce que je dis » (Jean 18.37 ; SER). Par contre, ceux qui ne désirent pas obéir à ses commandements montrent que la vérité n’est pas en eux.

Tout au long de cette épître, Jean donne des coups de patte aux faux frères parce que non seulement, ils ne cherchent aucunement à mener une vie droite morale et pieuse, mais parce qu’ils prétendent en plus avoir atteint un niveau supérieur de connaissance qui les en dispense. Ils veulent oublier l’exhortation des apôtres Jacques et Pierre qui écrivent respectivement :

Il en est ainsi de la foi : si elle reste seule, sans se traduire en actes, elle est morte. – Car comme le corps sans l’esprit est mort, la foi sans les actes est morte (Jacques 2.17, 26). Comme des enfants obéissants, ne vous laissez plus diriger par les passions qui vous gouvernaient autrefois, au temps de votre ignorance. Au contraire, tout comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans tout votre comportement (1Pierre 1.14-15).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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