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03 juin 2026

1 Jean 5.9-13

J’ai rien vu, j’ai rien entendu et je n’ai rien à dire. Voilà une maxime sage qui permet à la plupart de ceux qui l’appliquent de mener une vie paisible. Mais ce n’est pas toujours évident à mettre en pratique. Si par exemple, je suis témoin d’un crime, je me trouve instantanément confronté à un problème de conscience : vais-je témoigner en faveur de la victime ou me retirer du jeu sous prétexte que je veux qu’on me laisse tranquille ? Un passage du livre des Proverbes dit :

Délivre ceux que l’on entraîne à la mort et sauve ceux qui vont, chancelants, au supplice. Car si tu dis : “ Je ne le savais pas ”, celui qui sait ce qui se passe au fond des cœurs, ne discerne-t-il pas, lui ? Oui, celui qui protège ta vie le sait, et il rendra à chacun selon ses actes (Proverbes 24.11-12).

Celui qui prend la décision de plaider en faveur d’un innocent risque de mettre sa tête sur le billot ; il enclenche un processus qui va lui causer des soucis, lui faire perdre du temps et de l’argent. Il déclenche une pompe à purin qui va l’éclabousser. Mais face au mal et à l’injustice, le devoir de tout un chacun, et en particulier d’un croyant, est de témoigner pour la vérité, le droit et pour la justice.

Je continue de lire dans le chapitre cinq de la première épître de Jean.

Nous acceptons le témoignage des hommes ; mais le témoignage de Dieu est bien supérieur, et ce témoignage, c’est celui que Dieu rend à son Fils (1Jean 5.9).

Dans les sociétés de type démocratique, quand les témoins sont dignes de foi, on écoute leurs témoignages. C’était déjà le cas sous la loi de Moïse ; dans le livre du Deutéronome on lit :

La déposition d’un seul témoin ne suffira pas pour établir la culpabilité d’un homme accusé d’un crime, d’un délit ou d’une faute, quelle qu’elle soit, on ne pourra instruire l’affaire qu’après avoir entendu les déclarations de deux ou de trois témoins (Deutéronome 19.15).

Notre système judiciaire fonctionne à peu près sur ce modèle puisque malgré l’apport d’une technologie de plus en plus pointue, il tient toujours compte du témoignage des hommes.

Nous sommes éloignés du ministère de Jésus de presque deux mille ans. Ce que nous savons de lui a été couché sur le parchemin par des témoins oculaires de sa vie et de son œuvre, ou qui reçurent une révélation de Dieu, et qui étaient inspirés par le Saint-Esprit. Étant donné qu’on ne peut pas prouver que les écrivains sacrés ont écrit la stricte vérité, chacun doit décider pour lui-même de les croire ou pas.

Au premier siècle, des gens assistent au baptême de Jésus, ils voient le Saint-Esprit descendre sur lui sous la forme d’une colombe, d’autres écoutent son enseignement, bénéficient de ses miracles, assistent à sa mort sur la croix, à sa mise au tombeau, ou l’ont vu ressuscité. Les apôtres ont consacré et risqué leur vie afin de témoigner de tous les événements qui ont entouré Jésus depuis sa naissance jusqu’à son ascension dans les cieux (1Jean 1.1-3).

Par la foi, tous les croyants authentiques acceptent le témoignage de ces hommes et l’inspiration de leurs écrits. De toute façon, les déclarer menteurs, hystériques ou victimes de phénomènes hallucinatoires pose davantage de problèmes que de croire en ce qu’ils ont dit. Voilà pourquoi, même le plus anticlérical des athées reconnaît la véracité des faits relatés dans les livres d’histoire et les encyclopédies concernant le personnage historique appelé Jésus.

Cela dit, chacun sait qu’un même événement peut être sujet à différentes interprétations. Tous ceux dont le témoignage figure dans le Nouveau Testament ont l’absolue certitude que l’homme Jésus est aussi le Christ, le Fils de Dieu, la seconde personne de la Trinité et le Messie qui doit venir pour établir son royaume. Et ils étaient prêts à donner leur vie pour défendre ce qu’ils savaient être la plus grande vérité de tous les temps, et la plupart d’entre eux sont d’ailleurs morts martyrs.

Pourtant, dit Jean, « si nous acceptons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est bien supérieur   et ce témoignage c’est celui que Dieu rend à son Fils ». Or un témoignage engage son auteur et Dieu s’est engagé lui-même en Christ.

Alors, comment le Père a-t-il rendu témoignage à son Fils ? Eh bien, il y a tout d’abord eu la voix audible au moment de son baptême, puis durant tout son ministère, Jésus manifeste une sagesse et donne un enseignement (Jean 17.8) qui est tellement extraordinaire que même ses ennemis sont interloqués. À ce sujet, Jean nous rapporte un incident étonnant. Après avoir entendu que Jésus a clairement attesté qu’il a été envoyé par le Père (Jean 7.28-29), le texte nous informe que les chefs des prêtres et les pharisiens envoient des gardes du Temple pour procéder à son arrestation (Jean 7.32). Mais après l’avoir écouté, il est écrit :

Les gardes du Temple retournèrent auprès des chefs des prêtres et des pharisiens. Ceux-ci leur demandèrent : –Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? Ils répondirent : –Personne n’a jamais parlé comme cet homme (Jean 7.45-46).

La mort de Jésus est entourée d’événements surnaturels qui sont évidemment d’origine divine : des ténèbres qui surgissent en plein après-midi, un tremblement de terre qui ouvre des caveaux d’où sortent des morts ressuscités, et l’énorme rideau du temple qui se déchire tout seul de haut en bas.

Cependant, la plus grande preuve de l’origine divine du Christ ne réside pas tant dans ses paroles que dans les œuvres que le Père lui a permis de faire. L’apôtre Jean rapporte que Jésus a lui-même dit :

Oui, Jean (baptiste) était vraiment comme un flambeau que l’on allume pour qu’il répande sa clarté. […] Quant à moi, j’ai en ma faveur un témoignage qui a plus de poids que celui de Jean : c’est celui des œuvres que le Père m’a donné d’accomplir. Oui, ces œuvres que j’accomplis attestent clairement que le Père m’a envoyé. De plus, le Père lui-même, qui m’a envoyé, a témoigné en ma faveur. Mais vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face (Jean 5.35-37).

Jésus n’est pas le seul rabbin itinérant qui parcourt la Galilée, qui est entouré de disciples et qui enseigne la bonne Parole. Par contre, il est le seul à faire des miracles extraordinaires dans le but de manifester la compassion du Père et d’authentifier sa mission : l’offre de salut et l’instauration du royaume de Dieu en sa personne.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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