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09 juil. 2025

2 Timothée 1.1-6

Les dernières paroles que quelqu’un prononce avant de mourir revêtent une importance particulière parce que justement ce sont ses dernières ; c’est fini ; il ne dira plus jamais rien. Alors, on s’en souvient, on se les répète, on essaie de les interpréter, de se rappeler de l’intonation de la voix, de son dernier geste, de son regard. La deuxième Épître de l’apôtre Paul à Timothée est son dernier écrit. Il a été condamné à mort par Rome et il sait que son pèlerinage ici-bas touche à sa fin. Alors, ce qu’il dit dans cette lettre est comme scellé dans l’éternité, car il n’y en aura plus d’autre après celle-ci. Il y fait plusieurs déclarations capitales comme le texte clé sur l’inspiration de la Parole de Dieu que je le lis :

 

Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu (2 Timothée 3.16).

 

Mais on retiendra surtout cette parole de triomphe qui est comme une épitaphe pour le grand apôtre Paul quand il dit :

 

J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi (2 Timothée 4.7).

 

Les voyages missionnaires de l’apôtre que nous rapporte le livre des Actes eurent lieu entre l’an 48 et 56 de notre ère. De 56 à 60, il passe d’un tribunal romain à un autre, pour échouer à Rome. Pendant deux ans, de 61 à 63 il est emprisonné mais assigné à résidence, et il pouvait recevoir qui il voulait ce qui lui a permis d’avoir de nombreux contacts avec toutes sortes de personnes (Actes 28.16-31).

Après avoir été libéré de son premier emprisonnement (en 63), il a pu reprendre son bâton de pèlerin pendant plusieurs années. Seulement pendant ce temps (en 64), un gros nuage noir s’élève à l’horizon. Le fou dingue Néron ordonne de mettre le feu à Rome, sa capitale, qui brûla pendant six jours et six nuits. Non seulement les taudis en bois des pauvres partirent en fumée, mais les belles villas en marbre de l’aristocratie, les bâtiments administratifs, et les temples païens furent également détruits. L’historien romain Tacite écrit :

 

Tous les efforts humains, tous les dons extravagants de l’empereur et les offrandes aux dieux ne pouvaient écarter l’idée sinistre que ce désastre était dû à un ordre de Néron. Alors, pour se débarrasser de ces rumeurs, Néron a accusé et torturé une classe de citoyens qui était haïe pour ses abominations, et que la populace appelait chrétiens.

 

C’est à l’occasion de cette persécution (de 64 à 68) que l’apôtre Paul fut à nouveau arrêté (en 66-67).

Pendant sa première détention à Rome, Paul s’attendait à être libéré et il le fut (en 63 après J-C), mais quand il écrit cette deuxième épître, il sait que les dés sont jetés (2 Timothée 1.16 ; 2.9) ; il est enchaîné (2 Timothée 2.9) dans un cachot froid (2 Timothée 4.13) et humide, et sans le moindre espoir de libération. En fait, on lui a déjà dit qu’il serait exécuté (2 Timothée 4.6).

Mis à part un dénommé Onésiphore (2 Timothée 1.16) et Luc qui sont avec lui, tous ses compagnons de route et de ministère l’ont abandonné (2 Timothée 1.15 ; 4.9-12, 16). Leur ingratitude et leur lâcheté ont dû lui faire beaucoup de peine, lui donner un coup au cœur. Comme Jésus, il fut lâché par ceux en qui il avait confiance. Lors de sa comparution devant le tribunal, personne n’a voulu témoigner en sa faveur. Cependant, l’apôtre leur a pardonné disant :

 

Qu’il ne leur en soit pas tenu rigueur (2 Timothée 4.16).

 

À cause de sa situation épouvantable, Paul exprime de façon poignante à Timothée son désir de le revoir. À deux reprises il l’implore de venir dès que possible (2 Timothée 4.9, 21). On ignore si cela a pu se faire.

Dans cette épître, Paul confie à Timothée, son fils dans la foi, la charge de lui succéder dans son ministère et il lui fait toute sorte de recommandations (2 Timothée 2.2). Par exemple, il lui dit :

Efforce-toi de te présenter devant Dieu en homme qui a fait ses preuves, en ouvrier qui n’a pas à rougir de son ouvrage, parce qu’il transmet correctement la Parole de vérité. – Je te le recommande solennellement : proclame la Parole, insiste, que l’occasion soit favorable ou non, convaincs, réprimande, encourage par ton enseignement, avec une patience inlassable (2 Timothée 2.15 ; 4.1-2).

 

Tout au long de cette lettre, on sent que Paul se fait du souci pour Timothée, craignant qu’il ne faiblisse. Bien qu’il le félicite sur quelques points, il lui adresse surtout des exhortations. Par 25 impératifs, il lui rappelle ses devoirs. C’est ainsi qu’il l’exhorte à ranimer son don (2 Timothée 1.6), à ne pas être timide (2 Timothée 1.7), à ne pas avoir honte mais à souffrir pour l’Évangile (2 Timothée 1.8), à garder la vérité (2 Timothée 1.13-14), à rester fort en Jésus-Christ (2 Timothée 2.1) et à persévérer dans l’annonce de la Parole de Dieu (2 Timothée 4.2 ; comparez 2 Timothée 2.7-8, 13-14 ; 4.15, 22-23).

Quand Paul écrit cette seconde épître, l’Église d’Éphèse est en pleine déconfiture, en dérive théologique et morale. Les anciens, Timothée inclus, sont encore plus faibles et moins efficaces qu’ils ne l’étaient lors de la rédaction de la première épître.

Comme cette seconde lettre était la dernière que Paul écrivait, elle est très personnelle et on y trouve des références à de nombreux individus. Cependant, elle aussi est très sérieuse, car elle annonce l’apostasie de l’Église, l’abandon des principes fondamentaux du christianisme tels que les apôtres les ont enseignés. Ce rejet de la foi n’est pas dû à l’ignorance, mais à une intention délibérée. Un apostat est quelqu’un qui connaît la vérité et qui choisit de s’en détourner en toute connaissance de cause.

À la fin des temps, il n’y aura pas de conversions massives à Jésus-Christ ni l’établissement du ciel sur la terre par une humanité éclairée. Au contraire, l’apostasie sera telle qu’il sera difficile de trouver la foi en Jésus-Christ. En fait, à la fin des temps, il y aura deux grands départs. Premièrement l’enlèvement de l’Église universelle, celle qui est invisible et qui appartient au Christ. Je lis un passage :

 

Au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis au Christ ressusciteront les premiers. Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4.16-17).

 

Une fois que les vrais croyants auront disparu de la surface de la terre, la chrétienté qui ne sera plus qu’une coquille vide se détournera totalement de l’enseignement des apôtres. Ce sera le deuxième grand départ, celui de la foi. Un jour, Jésus a posé une curieuse question à ses disciples ; il leur a demandé :

 

Lorsque le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? (Luc 18.8).

 

Il ne cherchait pas une réponse parce qu’il la connaissait très bien, mais il voulait les préparer aux difficultés à venir afin qu’ils persévèrent. Cette vision de l’avenir n’est pas en phase avec l’idée reçue que l’Évangile doit réformer le système social et unir tous les hommes dans un monde juste. Les optimistes inconscients qui aiment à porter des lunettes aux verres roses n’accordent aucun crédit aux sinistres prédictions contenues dans la seconde Épître à Timothée. Pour eux, Paul est un obscurantiste et moi aussi d’ailleurs.

Aujourd’hui déjà, l’Église officielle, peu importe son étiquette, catholique, protestante, orthodoxe, n’est qu’une ombre de ce qu’elle était au premier siècle. On y trouve surtout ce qui en met plein les yeux : la pompe, les rites et bien sûr la gloire de l’homme. L’Église invisible, celle de Jésus-Christ, n’est pas concernée. Les vrais croyants, quelle que soit leur étiquette religieuse, qui sont répartis sur toute la terre, ont tous leur place réservée dans le convoi céleste qui les emmènera dans la gloire.

Soit dit en passant qu’il y a encore des places, mais il vous faut un ticket d’entrée qui vous sera donné gratuitement dès que vous aurez accepté, placé votre confiance en Jésus.

À cause de l’apostasie qui est inévitable, dans leur dernière lettre, qui est aussi leur chant du cygne, pour ainsi dire, les apôtres Paul et Pierre mettent beaucoup l’accent sur l’importance de la Parole de Dieu.

Les Écritures affirment que nous sommes absolument corrompus et qu’il faut remplacer notre nature mauvaise par une nouvelle qui est à l’image de Dieu. L’homme est dans un tel état qu’il ne peut pas être sauvé en obéissant parfaitement à Dieu parce qu’il en est incapable. Il ne peut pas non plus être sauvé par une obéissance partielle, car elle est inacceptable pour Dieu. La Bonne Nouvelle de Jésus est la seule solution à la dépravation de l’homme. C’est Dieu qui dans sa grâce, va chercher le pécheur pour le sauver sur la base de la mort expiatoire et de la résurrection de Jésus-Christ.

La foi des Écritures est à l’opposé de la foi humaniste en vogue dans notre culture sécularisée, laïque et athée. Ces fausses croyances se reflètent dans le système éducatif qui opère sur la base que la nature morale de l’homme peut être améliorée ou réformée par un agent extérieur comme un enseignement adéquat, genre : Allons, soyez raisonnable ! Cette vision faussée du monde a contribué au développement des nouvelles théologies d’obédience protestante qui sont apparues au siècle dernier. Elles sont de trois types.

Tout d’abord, il y a le prédicateur/psychologue qui enseigne la pensée positive, comment atteindre son plein potentiel ou vaincre ses démons.

Ensuite, on trouve le pasteur axé sur les relations sociales qui prêche que faire le bien c’est mieux que faire le mal et quand tout le monde est gentil, tout le monde est content. Ce prédicateur est un homme aux bonnes manières qui parle à des gens de bonnes manières et qui les exhorte à améliorer leurs bonnes manières. Qu’est-ce qui pourrait être plus gnangnan et plus insipide ? Dans le livre de l’Apocalypse, Jésus dit à l’Église de Laodicée :

Je connais ta conduite et je sais que tu n’es ni froid, ni bouillant. Ah ! si seulement tu étais froid ou bouillant ! Mais puisque tu es tiède, puisque tu n’es ni froid, ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche (Apocalypse 3.15-16).

 

La troisième sorte de nouvelle théologie fait du social ; c’est çà leur évangile. Ils prêchent pour de meilleures relations entre les hommes, le pacifisme, la justice sociale, l’éradication de la pauvreté. Rien de mal à cela, mais ces activités n’ont rien à voir avec la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et c’est une belle utopie même si leur intention est louable.

L’homme ne peut pas de lui-même établir le royaume de Dieu sur la terre. Par contre, quand des ennemis ancestraux acceptent Jésus comme Sauveur et Seigneur, ils deviennent tout à coup frères et au lieu de s’étriper, ils se respectent et ont la capacité de s’aimer. La culture, la couleur de peau, le niveau social et économique n’ont aucune importance pour les croyants qui servent le Seigneur ; les disparités entre les êtres humains sont effacées par la foi en Jésus-Christ. La solution et la seule aux problèmes entre les hommes, c’est la grâce de Dieu manifestée sur la croix en la personne du Christ. Dieu a créé à partir de rien et tant que quelqu’un ne reconnaît pas qu’il est rien devant lui, Dieu ne va rien faire pour lui.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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