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18 juil. 2025

2 Timothée 4.7-18

Les derniers mots de quelqu’un qui sait qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre sont généralement dépourvus de faux-semblants et d’hypocrisie. Juste avant sa mort, Gandhi a dit :

Pour la première fois en cinquante ans, je suis dans un profond état d’accablement. Tout autour de moi est ténèbres. Je prie pour la lumière.

Et sur la table de chevet de Talleyrand (1754-1838), on a retrouvé un papier sur lequel il avait écrit :

Voilà 83 ans qui se sont écoulés. Que de soucis ! Que d’agitation ! Que d’angoisses ! Que de mauvaise volonté ! Que de tristes complications ! Et tout ça, sans aucun autre résultat qu’une grande fatigue d’esprit et de corps, et un profond sentiment de découragement concernant l’avenir, et de trouble concernant le passé !

Comme quoi l’argent ne fait pas le bonheur, car Talleyrand laisse à sa mort la plus grande fortune de France. Les dernières paroles de ces hommes illustres sont aux antipodes de celles écrites par l’apôtre Paul, qui peu avant de quitter ce monde était sans regret, sans remords et satisfait de la vie qu’il avait menée.

Je continue à lire dans le chapitre quatre de la seconde épître qu’il écrit à Timothée.

Le moment de mon départ est arrivé. J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi (2 Timothée 4.6 b-7).

À la fin d’une vie exceptionnellement fructueuse, Paul déclare qu’il est prêt pour le grand départ. Puis en considérant ce qu’a été son parcours terrestre, il affirme qu’il a été fidèle à l’appel de Dieu. L’apôtre a accepté tous les sacrifices et sa consécration était sans limites. Il a vécu et accompli une œuvre incommensurable parce qu’elle était pour Dieu.

En considérant son passé, il dit : J’ai combattu, j’ai achevé, j’ai gardé. Le temps de ces verbes (parfait) décrit une action complète mais qui a un résultat continuel. Paul n’avait pas dans ses cartons une symphonie inachevée ; il savait qu’il avait accompli tout ce que le Seigneur lui avait demandé.

Quand il dit : J’ai combattu le bon combat, le mot pour combat a donné agonie en français. Il dit donc quelque chose comme : j’ai agonisé la bonne agonie. À la fin de sa première lettre, c’est aussi ce qu’il demande à Timothée quand il lui dit :

Combats le bon combat de la foi (1 Timothée 6.12).

Au premier siècle, agoniser décrivait des situations extrêmes qui demandaient beaucoup d’effort et d’énergie (comparez Luc 13.24 ; Colossiens 1.29 ; 4.12 ; 1 Timothée 4.10 selon le texte de Nestle’s Novum Testamentum Græce), surtout de la part des athlètes qui participaient à des épreuves sportives (comparez 1 Corinthiens 9.25) et plus particulièrement aux Olympiades grecques (organisées en l’honneur de Zeus de 776 av. J-C à 373 après J-C).

Le croyant qui veut être fidèle et productif devra lutter toute sa vie contre ses tendances naturelles fâcheuses (Romains 7.14-24), contre le monde des ténèbres (Éphésiens 6.12), et pour défendre sa foi. Tous les fidèles à Jésus-Christ sont engagés dans ce combat et appelés à défendre les vérités de la Parole de Dieu.

Paul ne s’est pas trompé d’ennemi puisqu’il a combattu le bon combat. Pour lui, la seule chose qui comptait était la cause de Jésus-Christ. Ailleurs, il écrit que les allégeances qui ne sont pas au Christ ne sont que des ordures et des excréments (Philippiens 3.8). Ceux qui sont engagés dans une recherche passionnée, un combat politique ou qui se donnent à fond dans une occupation effrénée, un travail, un sport, ou même pour une cause noble, se trompent de champ de bataille.

Paul a non seulement combattu le bon combat, mais il a aussi achevé sa course. Ce mot désignait une course sportive, mais il pouvait aussi s’appliquer à une carrière professionnelle, le service militaire ou une occupation à plein temps. Celui qui veut atteindre un certain objectif doit se désencombrer de tout fardeau inutile. Quand je fais une course de montagne, je porte un sac à dos, mais je n’y mets que ce qui me sera indispensable. Ce principe est également vrai pour la vie chrétienne. Dans l’Épître aux Hébreux, l’auteur dit :

Débarrassons-nous de tout fardeau, et du péché qui nous cerne si facilement de tous côtés, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée (Hébreux 12.1).

Sur le plan spirituel, Paul était un athlète accompli et discipliné qui ne ménageait aucun effort afin de gagner la course de la vie chrétienne dans laquelle il s’était engagé. Ailleurs, il écrit :

Ne savez-vous pas que, sur un stade, tous les concurrents courent pour gagner et, cependant, un seul remporte le prix ? Courez comme lui, de manière à gagner. Tous les athlètes s’imposent une discipline sévère dans tous les domaines pour recevoir une couronne, qui pourtant sera bien vite fanée, alors que nous, nous aspirons à une couronne qui ne se flétrira jamais. C’est pourquoi, si je cours, ce n’est pas à l’aveuglette, et si je m’exerce à la boxe, ce n’est pas en donnant des coups en l’air. Je traite durement mon corps, je le maîtrise sévèrement, de peur qu’après avoir proclamé la Bonne Nouvelle aux autres, je ne me trouve moi-même disqualifié (1 Corinthiens 9.24-27).

En troisième lieu, Paul dit : J’ai gardé la foi. Malgré ses souffrances interminables et les injustices qu’il devait continuellement subir, l’apôtre est demeuré fidèle à son Maître. Il ne lui est jamais venu à l’esprit de quitter le champ de bataille ou même de battre en retraite pour un temps. Il a gardé la foi en Dieu et en sa Parole dont il fut un ardent défenseur. Dans chacune des lettres qu’il adresse à Timothée, il lui demande de faire comme lui, de garder la Parole de Dieu, de lui demeurer fidèle. Je lis les passages :

Ô Timothée, garde intact ce qui t’a été confié. – Garde intact, par l’Esprit Saint qui habite en nous, le bien précieux qui t’a été confié (1 Timothée 6.20 ; 2 Timothée 1.14).

Paul s’était engagé pour Jésus-Christ sans réserve et il termine sa course, sa carrière, sans regret. Voilà pourquoi il peut dire : J’ai gardé la foi. L’apôtre était un monument de la foi chrétienne, et un homme spirituellement surdimensionné.

Paul a d’abord parlé de son état présent quand il a dit : je suis près d’offrir ma vie comme une libation pour Dieu. Le moment de mon départ est arrivé. Ensuite, il a passé en revue son passé et a conclu : J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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