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01 juin 2023

Actes 1.1-7

Très souvent, la biographie d’un homme célèbre s’appelle : « Mémoires » suivi du nom et puis c’est tout. Il faut la lire pour connaître la vie de l’homme dont il est question. Pareillement, le titre du livre « Actes des apôtres » ne nous renseigne pas sur ce que ces hommes ont fait; pour le savoir, il faut l’étudier de près. Ce livre fut écrit au début des années 60 du premier siècle et c’est le second volume d’un ouvrage historique sur les débuts du christianisme, qui suit et complète l’Évangile selon Luc. Conformément à la pratique du temps, l’auteur ne s’identifie pas, cependant, les preuves que c’est bien Luc qui en est l’auteur foisonnent, ne serait-ce que par les termes médicaux qui apparaissent ici et là dans le livre. Médecin et historien, Luc est aussi un missionnaire qui accompagne l’apôtre Paul dans plusieurs de ses voyages. De plus, et pendant 6 ans, il est pasteur de l’Église de Philippes à qui Paul adressa l’une de ses lettres.

Le titre « Les Actes des Apôtres » n’est pas très exact puisque seuls Pierre et Paul y occupent une place importante. Le grand apôtre Jean n’est mentionné qu’en passant, mais aucune de ses paroles ne nous est rapportée. Par ailleurs, nous apprenons le meurtre de son frère Jacques en une courte phrase. Cette œuvre imposante qui compte 28 chapitres pourrait plus précisément être intitulée : « Certains actes de certains apôtres ».

Ce livre reprend le cours de l’histoire à l’endroit où les quatre Évangiles l’avaient laissé. Le dernier fait concernant Jésus qui nous est rapporté dans l’Évangile selon Matthieu est sa résurrection, dans Marc, c’est son ascension, dans celui de Luc, c’est la promesse du Saint-Esprit et l’ascension, et dans l’Évangile de Jean, c’est la résurrection et le retour du Christ. Tous ces événements qui terminent les quatre Évangiles sont mentionnés dans le premier chapitre des Actes des Apôtres.

Par ailleurs, de tous les écrits canoniques, c’est à dire inspirés de Dieu, ce livre est le seul qui reprend l’ascension du Christ et décrit la suite des événements. Les Actes des Apôtres constituent l’arrière-plan et le cadre des écrits de l’apôtre Paul. Cet ouvrage nous donne une information de base sur l’Église primitive et un aperçu de son fonctionnement. Luc décrit les tensions, les persécutions, les frustrations, les problèmes théologiques et les espoirs des premiers chrétiens. En outre, ce livre marque la transition entre le Judaïsme sous la Loi de Moïse et l’établissement de l’Église universelle dans laquelle sont conviés tous les peuples de toutes les langues. De plus, il contient en germe tous les grandes doctrines du christianisme qui sont développées dans les épîtres du Nouveau Testament.

Quand Luc écrit le livre des Actes, il a plusieurs objectifs subsidiaires à l’esprit; c’est ainsi que la souveraineté de Dieu est un thème qui soutient tout ce qu’il nous a rapporté. En effet, malgré une vive opposition d’origines variées mais essentiellement religieuses, la Parole de Dieu se répand partout par la puissance du Seigneur et sous sa direction, et beaucoup de gens y répondent favorablement; rien ne peut arrêter la croissance de l’Église naissante. Cependant, l’annonce de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ opère une division. Plus elle gagne du terrain et plus profonde est la rupture entre le Temple et la synagogue, d’une part, et l’Église, d’autre part. Dans son immense majorité, le peuple juif auquel appartiennent l’alliance et toutes les promesses de l’Éternel, rejette l’Évangile avec violence.

Luc nous rapporte tout ce qui a contribué à faire l’histoire des débuts de l’Église, que ce soient les 110 personnages qu’il mentionne, les événements depuis l’ascension du Christ, la vie sous l’occupation romaine, ou les faits et gestes qui entourent le ministère de certains apôtres. Ce sont ces récits qui expliquent l’expansion du christianisme, la propagation du message de la Bonne Nouvelle à Jérusalem, en Judée, la province environnante, puis en Samarie dans le nord et ainsi de suite jusqu’aux extrémités de l’Empire. Luc montre comment, en un peu plus de 30 ans, cette nouvelle religion qui a vu le jour dans un petit coin de Palestine atteint Rome. D’ailleurs, le verset clé du livre est :

Le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde (Actes 1.8).

Effectivement, au fil du récit du livre des Actes, on découvre que le message du royaume qui est d’abord annoncé aux Juifs trouve davantage de répondant chez les païens et qu’il va de Jérusalem à Rome grâce à la puissance du Saint-Esprit et à la proclamation des apôtres. Le plan des 28 chapitres de ce livre s’articule autour de la progression de l’Église. Le lecteur commence dans la ville sainte, puis parcourt toute la Palestine pour finalement se retrouver dans Rome au beau milieu du monde païen. Cette croissance spectaculaire de l’Église du 1er siècle, que rien ne peut enrayer, est le premier et certainement le plus grand des réveils spirituels que le monde ait connu. C’est la preuve que l’Église est une œuvre divine, celle du Saint-Esprit et non pas une entreprise humaine. C’est de cette manière que Dieu prouve à tous que Jésus-Christ est bel et bien ressuscité des morts, un thème qui revient sans cesse dans les prédications des apôtres et qui est essentiel car c’est mon passeport pour la vie éternelle.

Pour bien souligner la croissance de l’Église, Luc utilise 7 comptes-rendus judicieusement espacés dans le livre et qui le divisent en tronçons d’importance similaire. Ces commentaires servent à souligner la progression extraordinaire de l’Église; je les cite pour mémoire :

  1. Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait (Actes 2.47).
  2. La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s’accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi (Actes 6.7).
  3. Dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, l’Église jouissait alors de la paix. Elle grandissait dans la foi, vivait dans l’obéissance au Seigneur, et s’accroissait en nombre, grâce au soutien du Saint-Esprit (Actes 9.31).
  4. Mais la Parole de Dieu se répandait toujours plus (Actes 12.24).
  5. Et les Églises s’affermissaient dans la foi et voyaient augmenter chaque jour le nombre de leurs membres (Actes 16.5).
  6. C’est ainsi que la Parole du Seigneur se répandait de plus en plus, grâce à la puissance du Seigneur (Actes 19.20).
  7. Paul resta deux années entières dans le logement qu’il avait loué. [..]. Il proclamait le règne de Dieu et enseignait, avec une pleine assurance et sans aucun empêchement, ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ (Actes 28.30, 31).

Tout au long de son récit, Luc mentionne les noms de nombreuses personnes, ce qui rend le texte vivant et l’enracine dans le contexte du premier siècle. Il est le seul auteur du Nouveau Testament qui cite un empereur. En fait, il en mentionne trois : Auguste, Tibère et Claude ; il parle aussi de Néron mais sans le nommer. Les noms illustres du monde juif et païen de son temps apparaissent aussi dans son récit. Outre les empereurs romains, il cite plusieurs gouverneurs, les rois de la Judée sous domination romaine, leurs filles et des grands-prêtres.

L’écrivain qui situe ainsi son récit dans le contexte de son temps s’oblige à une grande exactitude car il offre aux critiques de nombreuses occasions de vérifier la justesse de ses propos. La précision de son récit est prouvée par la facilité avec laquelle il manie les titres complexes et changeants de tous les notables qu’il mentionne pour étayer l’historicité de son livre. Ainsi, l’empereur pouvait à tout moment modifier le statut administratif d’une province de l’Empire et de proconsul, son gouverneur devenait légat impérial.

Mais Luc mentionne aussi des gens ordinaires qu’il a rencontrés et qui, pour une raison ou pour une autre, ont retenu son attention. Luc fait donc preuve d’une grande précision concernant les personnes et leurs titres, les lieux géographiques et les événements historiques. Ce souci de l’exactitude s’étend à la couleur locale. Il parvient dans chaque cas à rendre l’atmosphère particulière du lieu : Jérusalem avec ses foules intolérantes et promptes à s’enflammer s’oppose à la mercantile Antioche de Syrie, centre d’affaires important où des hommes de toutes croyances et de toutes nationalités se côtoient chaque jour. Rien d’étonnant à ce que ce soit dans cette cité que sera établie la première Église internationale, avec des Juifs et des païens qui s’y rencontrent dans une communion fraternelle.

Luc décrit aussi avec précision la colonie romaine de Philippes, avec ses magistrats imbus de leur propre importance et ses citoyens fiers d’être Romains. Il y aussi Athènes avec ses interminables discussions sur la place publique et la curiosité de ses habitants pour les dernières nouvelles, curiosité que lui reprochaient déjà ses dirigeants 4 siècles plus tôt. Et puis, il y a la ville d’Éphèse et son fameux temple consacré à la déesse Artémis, l’une des 7 merveilles du monde antique. La prospérité de cette cité dépendait beaucoup du culte de cette divinité ce qui fait qu’Éphèse devint un centre réputé de la superstition, ses incantations et de la magie au point où les formules magiques étaient appelées « lettres éphésiennes » Tout ceci fait que Luc a très justement été appelé « un historien de grande classe » par un grand nombre de critiques toutes tendances confondues.

Pour ce qui est du contenu du livre des Actes, ce sont surtout les ministères des apôtres Pierre et Paul qui sont décrits et que l’auteur met en parallèle. Ainsi, le livre commence par un cycle de Pierre qui s’étend sur les 12 premiers chapitres et qui est suivi du cycle de Paul qui constitue le reste du livre. Il note que tous deux guérissent un infirme ; que l’un puis l’autre comparaît à Jérusalem devant le Grand-Conseil juif ; qu’ils font les mêmes genres de miracles qui sont encore plus extraordinaires que ceux du Christ ; ils sont, l’un et l’autre, rués de coups et gravement meurtris ; Pierre puis Paul ressuscitent un mort ; ils sont tous deux jetés en prison dont ils sont libérés miraculeusement. Mais à côté de ces similarités, ces deux hommes ont des rôles très distincts. C’est Pierre qui a pour fonction d’ouvrir le royaume; il est le premier à prendre la Parole pour la Pentecôte. Sa présence est nécessaire dans la province de Samarie afin que le Saint-Esprit descende sur ceux qui ont cru à la prédication du diacre Philippe, et c’est encore Pierre qui annonce l’Évangile au romain Corneille. Jésus avait bien prédit ce rôle historique de l’apôtre Pierre quand il lui a dit :

Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tous ceux que tu excluras sur la terre auront été exclus aux yeux de Dieu et tous ceux que tu accueilleras sur la terre auront été accueillis aux yeux de Dieu (Matthieu 16.19).

Après Pierre, c’est l’apôtre Paul qui prend le relai et devient le porte-parole de la Bonne Nouvelle jusqu’à Rome, la capitale du monde païen. Luc l’accompagne et sera avec lui quand l’apôtre est emprisonné. Parmi les 110 personnes que mentionne Luc, Jésus est très présent, mais pas sous une forme charnelle évidemment. Son quartier général n’est plus Capernaüm, dans le nord de la Palestine mais la droite du Père où il est retourné après être devenu l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde et après avoir triomphé de la mort. C’est d’ailleurs cette victoire du Christ sur la tombe qui donne toute sa valeur au christianisme. Sans la résurrection, la coquille est vide; il n’y a plus rien. D’ailleurs, c’est par sa résurrection que Jésus est généralement mentionné tout au long du récit, et s’il n’est plus aux côtés de ses apôtres en chair et en os, il est quand même avec eux par l’Esprit qu’il avait promis de leur envoyer, l’Esprit qui le représente et qui agit avec puissance en son nom.

Le livre des Actes est très riche d’enseignements et lance un défi aux croyants du 21e siècle parce qu’il dépeint le zèle, la foi, la joie, l’engagement et l’obéissance des premiers chrétiens. Il fournit donc un bel exemple à suivre à tous ceux qui aujourd’hui se réclament du Christ.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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