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25 sept. 2025

Daniel 8.1-11

Le siècle précédent a connu quelques tyrans qui se sont distingués par la quantité incommensurable de sang qu’ils ont versé. On peut citer pêle-mêle Idi Amin, Pol Pot ou Mao Zedong, mais je crois qu’en tête de liste de ce sinistre palmarès, on est obligé d’inscrire Staline et Hitler. Et si on remonte dans le temps, il faut alors beaucoup d’encre pour écrire les noms de tous les despotes sanguinaires que notre pauvre monde a dû supporter. Tous ceux qui ont fréquenté les bancs de l’école ont entendu parler d’Attila surnommé « le fléau de Dieu » ou de Néron, célèbre pour avoir brûlé Rome et ensanglanté l’empire romain en persécutant les chrétiens. Or ce triste personnage possède une sorte de sosie qui s’appelle Antiochus IV Épiphane et que certains ont surnommé « le Néron de l’histoire juive ». J’ai déjà parlé de ce monstre assoiffé de sang et il est à nouveau question de lui dans le chapitre 8 de Daniel. Bien que son nom ne soit pas explicitement mentionné, tous les interprètes le reconnaissent dans la « petite corne » de ce nouveau chapitre.

Maintenant, on peut se demander comment s’articule le chapitre 8 avec la prophétie du chapitre précédent qui décrit quatre bêtes ou monarchies universelles. Les interprètes d’obédience évangélique considèrent le chapitre 8 comme une nouvelle prophétie de Daniel destinée à préciser la précédente et plus particulièrement ce qui concerne les empires médo-perse et grec, et surtout à décrire l’attitude hostile que l’un des rejetons de l’empire grec adoptera à l’égard du peuple de Dieu, c’est-à-dire des Juifs.

Pour ceux par contre qui n’acceptent pas que Daniel soit l’auteur du livre qui porte son nom, le chapitre 8 aurait été composé par un écrivain historien postérieur à Daniel suite à la persécution orchestrée par cet infâme Antiochus Épiphane, puis après coup, il aurait rattaché le chapitre 8 à la prophétie du chapitre 7. Cet auteur inconnu se serait inspiré du langage imagé décrivant les quatre bêtes pour dépeindre Antiochus par des couleurs analogues et en faire ainsi un archétype de l’Antichrist encore à venir. Mais en réalité, la véritable raison de ce point de vue qui est tout à fait intenable, est une mauvaise foi flagrante, le refus de croire que Dieu intervient dans les affaires humaines, et annonce d’avance à ses prophètes ce qui va se passer dans la suite des temps.

Une telle incrédulité me fait penser qu’au 19e siècle, certains érudits se demandaient si c’était bien Shakespeare qui avait écrit toutes les œuvres signées par lui. À cette époque, l’écrivain humoristique et satirique Mark Twain (Samuel Langhorne Clémens ; 1835-1910) se jette dans la mêlée et donne son opinion éclairée quand il dit : « Si Shakespeare n’a pas écrit Shakespeare, ça a dû être un autre homme portant le même nom » ; on peut dire exactement la même chose du livre de Daniel.

Dans le chapitre 8, Daniel ne rattache pas la disparition de la petite corne à la venue du règne messianique, qui pourtant suit immédiatement la destruction de la petite corne du chapitre 7 comme nous l’avons vu. Par ailleurs, alors que la petite corne du chapitre 7 sort du milieu des dix cornes de la quatrième bête, celle du chapitre 8 est issue de l’une des quatre cornes d’un bouc. Il est donc absolument impossible que la petite corne du chapitre 7 puisse être confondue avec celle du chapitre 8. Ça paraît compliqué, mais en fait c’est très simple quand on a le texte sous les yeux. Bien que les deux petites cornes des chapitres 7 et 8 ont beaucoup de points communs, en réalité, elles désignent deux personnages entièrement différents.

Dans le chapitre 7, il s’agit de l’Antichrist et dans le chapitre 8 c’est Antiochus Epiphane. Dans le chapitre 7, la Grèce apparaît sous les traits d’un léopard à quatre têtes et dans le chapitre 8, la Grèce est représentée par un bouc. Sous la domination de ce troisième empire universel a lieu une persécution qui annonce celle qui dans le chapitre 7 précède la fin de la quatrième bête, c’est-à-dire la troisième phase de l’empire romain.

Chronologiquement parlant, le chapitre 8 ne suit pas le précédent. Alors que la vision du chapitre 7 est pour nous prophétique et s’accomplira à la Fin des temps, les événements du chapitre 8 se sont déjà accomplis. Ce chapitre 8 décrit d’abord le conflit entre le bélier et le bouc, c’est à dire entre les empires médo-perse et grec, entre l’Orient et l’Occident, entre l’Asie et l’Europe. Après le triomphe du bouc qui représente la Grèce, on voit une petite corne, c’est à dire Antiochus, qui sort de cet empire. Le chapitre 8 mentionne sa mort (8.25) qui eut lieu en l’an 164 avant J-C (1Maccabées 6.1ss.) suite aux brillantes victoires militaires que les Juifs ont remportées sur les Syriens (1Maccabées 3.10-26 ; 4.12-25, 34-35).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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