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18 sept. 2024

Éphésiens 2.1-2

Quand je prends ma plume pour envoyer un mot à quelqu’un que je connais plutôt bien, je commence par rappeler des points communs, comme par exemple un événement heureux auquel nous avons tous deux participé. Par exemple, je dirais : « De t’écrire, ça me rappelle ceci ou cela ». C’est la meilleure façon d’établir un lien et de reprendre un contact interrompu par la vie, le temps ou la distance, et ça fait partie des us et coutumes depuis toujours. En fait, même les auteurs sacrés agissent souvent ainsi, mais pas toujours, car là encore, l’exception confirme la règle. C’est ainsi que lorsque l’apôtre Paul rédige l’épître aux Éphésiens, il sort de ses habitudes en ne leur adressant aucune salutation personnelle. Et le plus fort est qu’il ne fait pas la moindre allusion aux trois ans qu’il a passés avec eux et qui furent probablement son séjour le plus long dans un même lieu. Mais si Paul ne mentionne rien de personnel, c’est parce que, et comme je l’ai dit, il écrit une lettre circulaire adressée aux églises de la province romaine d’Asie. Par contre, l’apôtre est fidèle à lui-même quand il commence cette épître aux Éphésiens par une prière de reconnaissance, dans laquelle il remercie longuement Dieu pour ce qu’il a accompli en faveur des croyants d’Asie. Cette longue prière qui tient en une seule phrase (Éphésiens 1.3-14) est une exclamation de louanges en réponse à l’œuvre du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Elle est structurée par le refrain « célébrer sa gloire » qui revient trois fois (Éphésiens 1.6, 12, 14), ainsi que par la répétition des expressions « en Christ ou en lui », ce qui n’est pas étonnant puisque Jésus-Christ est le personnage central de la prière. En effet, c’est par lui que Dieu fait éclater sa gloire et bénit les croyants et c’est en lui qu’il a choisi d’avance ceux qui seraient ses enfants ; c’est par son sacrifice que leur sont accordés la grâce et le pardon et c’est par Jésus que Juifs et païens ont part à l’héritage de Dieu.

Après avoir exprimé sa reconnaissance, Paul prie pour que ses lecteurs aient une connaissance de Dieu plus approfondie et une plus grande compréhension de ses desseins (Éphésiens 1.15-23) afin qu’ils réalisent, d’une part, tout ce qui leur a été donné, et d’autre part, la puissance que Dieu a déployée, surtout lors de la résurrection de Jésus-Christ, qu’il a désigné comme chef de l’Église, et à qui un jour tout l’univers sera soumis.

Dans le chapitre 2 de cette épître aux Éphésiens, Paul commence par expliquer comment les pécheurs, qui ne méritent rien d’autre que la colère de Dieu, peuvent devenir des trophées de sa grâce divine. Ce chapitre débute avec la petite conjonction « et », ce qui veut dire qu’il continue le dernier développement du premier chapitre dans lequel Paul parle de la puissance infinie qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, la même puissance que celle qui donne la vie à l’homme spirituellement mort du fait de ses péchés. C’est aussi la puissance que beaucoup de croyants désire expérimenter dans leur vie. Un poète chrétien l’exprime de la façon suivante :

Oh, faites-moi connaître la puissance de la résurrection. Oh que je puisse rayonner calmement et clairement sa vie de ressuscité. Oh que je puisse partager de ces dons que tu donnes si généreusement. Oh que je puise vivre d’une vie abondante parce que tu vis (Frances Ridley Havergal).

De parler de puissance, ça me fait penser que sur terre, Dieu limite celle de l’homme parce que immanquablement, il l’utilise à mauvais escient, toujours et en premier lieu à des fins militaires afin de tuer son prochain d’une manière plus efficace.

Pendant des siècles et même des millénaires, l’homme ne connaît pas l’atome ni comment l’utiliser, évidemment. Mais dès qu’il a réussi à le maîtriser qu’en a-t-il fait ? Bien sûr, le nucléaire a des applications civiles énergétiques utiles, bien que le problème posé par les déchets n’est toujours pas vraiment résolu. La première application de l’atome d’uranium, n’a pas été la production d’électricité mais la fabrication d’une bombe, et très rapidement le monde est devenu une poudrière où deux super puissances ont fait monter les enchères en multipliant leur arsenal de missiles nucléaires. L’homme est un être dangereux à cause des armes qu’il est capable de créer et parce qu’il a le pouvoir de détruire la planète. Si des terroristes arrivent à mettre la main sur du matériel radioactif, il est certain qu’ils l’utiliseront pour fabriquer ne serait-ce qu’une bombe rudimentaire qui disséminera des déchets radioactifs sur toute une population, ce qui sera évidemment une catastrophe écologique et humaine.

Dans son épître aux Éphésiens, l’apôtre Paul parle aussi de puissance, mais il s’agit d’une puissance bénéfique, celle que Dieu libère en faveur de ceux qui placent leur confiance en Jésus, afin de les sortir de leur état de mort spirituelle et de leur donner la vie éternelle. Aujourd’hui, Jésus-Christ manifeste cette puissance dans le monde au travers de ses fidèles qui le représentent et font des bonnes actions en son nom. Cependant, il faut savoir qu’avant qu’un homme puisse faire la moindre œuvre qui soit agréable à Dieu, il est nécessaire qu’il soit d’abord, lui-même, son œuvre, créé de nouveau, régénéré en Jésus-Christ. Alors seulement il est qualifié et capable d’accomplir des bonnes œuvres agréables à Dieu.

Ce qui compte vraiment sur notre planète, ce n’est pas ce qui se passe à Moscou, Washington ou à Paris, mais ce que Dieu est en train d’accomplir sur terre dans et par son Église. Sous le régime de l’Ancienne Alliance, le centre stratégique de la planète est le Temple de Jérusalem, tandis que maintenant, sous le régime de la Nouvelle Alliance, ce n’est plus un lieu géographique, mais l’Église. On peut d’ailleurs comparer les deux alliances, les deux façons distinctes de gérer l’humanité que Dieu a utilisées parce que leurs similitudes comme leurs différences sautent aux yeux.

Sous le régime de l’Ancienne Alliance, le Temple est érigé la première fois par Salomon ; il fait suite au Tabernacle du désert qui avait été dressé par Moïse. Les murs du temple sont construits par des mains d’hommes à partir d’arbres vivants, de l’acacia pour être exact, qui étaient abattus et laminés en planches inertes. Quant au toit du Tabernacle, il était fabriqué à partir de peaux d’animaux, eux aussi vivants avant d’être mis à mort.

Sous le régime de la Nouvelle Alliance, Dieu fait le contraire ; il prend des gens qui sont dans un état de mort spirituelle et leur donne la vie éternelle. Ensemble, ils constituent l’Église, qui est aussi appelée temple, mais à la différence de l’édifice de l’Ancien Testament, ce temple est vivant. En effet, dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

Puisque vous êtes vous aussi des pierres vivantes, édifiez-vous pour former un temple spirituel et pour constituer un groupe de prêtres consacrés à Dieu, chargés de lui offrir des sacrifices spirituels qu’il pourra accepter favorablement par Jésus-Christ (1Pierre 2.5).

Par ailleurs, l’Église est habitée par le Saint-Esprit alors que dans le Temple de Salomon résidait seulement la présence et parfois la gloire de Dieu, mais pas l’Éternel lui-même, pour la bonne raison que le Créateur n’est pas confiné à un coffre ou un bâtiment aussi élégant soit-il. Quand l’apôtre Paul explique aux Athéniens qui est Dieu, il leur dit :

Dieu, qui a créé l’univers et tout ce qui s’y trouve, et qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples bâtis de mains d’hommes. Il n’a pas besoin non plus d’être servi par des mains humaines, comme s’il lui manquait quelque chose. Au contraire, c’est lui qui donne à tous les êtres la vie, le souffle et toutes choses (Actes 17.24-25).

Cela dit, pour être juste il faut quand même ajouter que les Israélites n’ont jamais cru un instant que l’Éternel avait pour habitation un coffre ou une grande boîte, que ce soit le Tabernacle ou le Temple qu’ils lui ont construit. D’ailleurs, quand le roi Salomon a fait la dédicace du Temple qu’il avait érigé, il a prié en disant :

Mais est-ce qu’en vérité Dieu habiterait sur la terre, alors que le ciel dans toute son immensité ne saurait le contenir ? Combien moins ce Temple que je viens de te construire ! (1Rois 8.27).

Le Tabernacle puis le Temple de l’Ancien Testament servaient de lieu de rencontre entre Dieu et l’homme par le biais de nombreux rites obligatoires et d’offrandes d’animaux pour couvrir les péchés du peuple. Par contraste, l’Église est établie sur Jésus-Christ qui, il y a presque 2 000 ans, s’est livré lui-même pour expier les péchés de tous les hommes de tous les temps, un sacrifice unique qui ne peut pas être répété. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Alors que le grand-prêtre juif pénètre chaque année dans le sanctuaire avec du sang d’animal, le Christ ne s’est pas offert plusieurs fois en sacrifice. Autrement il aurait dû souffrir et mourir à plusieurs reprises depuis le commencement du monde. Non, il lui a suffi de paraître une seule fois au point culminant de l’histoire, lorsque les temps précédents furent achevés, pour ôter le péché par son sacrifice (Hébreux 9.25-26).

De plus, et contrairement au système lévitique de l’Ancien Testament, Dieu n’a pas imposé de rites obligatoires à l’Église. Il y a bien le baptême et la Sainte Cène que Jésus a donnés comme signes, mais le premier est avant tout un témoignage personnel public, et le second une cérémonie du souvenir qui rappelle simplement le sacrifice du Christ et rien dans le Nouveau Testament n’indique avec quelle fréquence la Cène doit être célébrée.

Sous l’Ancienne Alliance, le Temple construit avec des matériaux inertes est l’objet de rituels complexes qui accompagnent la mise à mort d’innombrables animaux. Sous le régime de la grâce, l’Église respire la vie par le Saint-Esprit qui l’anime et qui habite ses membres. Dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit :

Ignorez-vous donc que votre corps est le temple même du Saint-Esprit qui vous a été donné par Dieu et qui, maintenant, demeure en vous ? Vous ne vous appartenez donc pas à vous-mêmes. Car vous avez été rachetés à grand prix. Honorez donc Dieu dans votre corps (1Corinthiens 6.19-20).

Quand je dis que l’Église de Jésus-Christ ne possède pas de rites, on peut objecter qu’au fil du temps, toutes les familles d’Église ont forgé leur propre tradition. C’est vrai ! Par exemple, dans certaines assemblées, on commence toujours le culte en récitant une doxologie, en chantant un hymne ou en faisant une prière solennelle. Il n’y a absolument aucun mal à ces pratiques à condition qu’elles revêtent une signification spirituelle pour les paroissiens et qu’ils ne croient pas un instant qu’ils acquièrent ainsi un mérite personnel quelconque devant Dieu. Les nombreux rites et les habits multicolores pittoresques qui font partie de l’Église catholique ont été ajoutés au fil des siècles, mais l’Église de Jésus-Christ est dénuée de tout rituel et surtout des pratiques que les Juifs étaient dans l’obligation absolue de suivre sous la Loi.

Un autre contraste entre l’Église et le Temple de l’Ancienne Alliance est la condition des non-Juifs. Même les païens prosélytes convertis au judaïsme ne pouvaient pas se mélanger aux Juifs parce qu’ils ne sont pas de la descendance physique d’Abraham, Isaac et Jacob. Ne pouvant pas s’approcher aussi près de l’Éternel que les Juifs, ils étaient relégués à la « cour des Gentils », qui se trouve sur la gauche quand on regarde le Temple de face. D’ailleurs à ce sujet, dans le chapitre 2 de l’épître aux Éphésiens, Paul souligne la différence entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, quand, s’adressant aux païens devenus chrétiens, il déclare :

Voici qu’à présent, dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ (Éphésiens 2.13). 7

Aujourd’hui, il n’y a plus de distinction entre croyants Juifs et ceux des autres groupes ethniques ; les uns et les autres sont unis à Jésus-Christ et forment l’Église.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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