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22 oct. 2025

Hébreux 2.18 – 3.2

Jésus a inspiré beaucoup d’auteurs et d’artistes ; il a fait couler beaucoup d’encre sur du papier et beaucoup de peinture sur des toiles ou des murs et des plafonds. Parmi les grandes œuvres d’art, on a « la Tentation du Christ » réalisée au 15 è siècle (en 1481) par Sandro Boticelli (1445-1510) sur les murs de la célèbre chapelle Sixtine du Vatican et « le Christ outragé » du peintre allemand Matthias Grünewald (1470-1528). Quant aux metteurs en scène qui dressent le portrait de Jésus, ils essaient de l’humaniser au maximum. Dans son film « La dernière tentation du Christ », Scorcese le décrit les derniers jours de sa vie, rempli de doutes à l’égard de sa mission. Alors qu’il est sur la croix, le diable profite de sa faiblesse pour le faire halluciner et Jésus voit alors ce que sa vie aurait pu être s’il avait choisi une existence paisible et en particulier son mariage avec Marie de Magdala. Il va sans dire qu’une telle vision du Fils de Dieu n’a aucun point commun avec le vrai Jésus des Écritures. Cependant, Scorcese et les peintres que j’ai cités ont au moins eu le mérite de montrer que le Christ est réellement humain et donc soumis aux mêmes épreuves et tentations que vous et moi.

Je finis maintenant la lecture du chapitre deux de l’épître aux Hébreux.

Jésus a été rendu semblable à ses frères, afin qu’il soit un grand-prêtre miséricordieux et fidèle au service de Dieu, car, puisqu’il a lui-même été éprouvé dans tout ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont éprouvés (Hébreux 2.17-18 ; Autre ; rsm).

Plus loin, l’auteur écrit :

Nous n’avons pas un grand-prêtre qui serait incapable de se sentir touché par nos faiblesses. Au contraire, il a été tenté en tous points comme nous le sommes, mais sans commettre de péché (Hébreux 4.15).

Si Jésus subit les mêmes tentations que vous et moi, c’est afin de devenir un grand-prêtre miséricordieux et compréhensif à l’égard de ceux qui sont dans l’épreuve.

Il faut bien comprendre que Dieu n’est pas un grand esprit cosmique tout là-haut dans la stratosphère ou plutôt au troisième ciel, indifférent aux difficultés que nous rencontrons. Bien au contraire, celui qui nous a fait, connaît et comprend nos souffrances, nos faiblesses, nos tentations et même nos péchés ; c’est un Dieu de grâce qui sauve et compatit. Il sait bien que nous sommes que poussière, tant au sens physique que moral.

Selon le récit de Matthieu (4.1-10), tout au début de son ministère, le Saint Esprit emmène Jésus dans le désert où après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il est tenté par le diable. Après une si longue période de jeûne, il est certainement dans un état de grande lassitude et de fragilité physique, et donc également faible au niveau moral et spirituel. Satan essaie évidemment d’en profiter pour essayer de le faire chuter en sorte qu’il désobéisse à Dieu en agissant indépendamment de lui. Le diable a échoué, mais on peut toujours se demander s’il aurait pu réussir. Eh bien non, ce n’était pas possible. En effet, il ne faut pas confondre épreuve et péché. Quand je suis tenté de faire quelque chose qui est contraire à la volonté de Dieu, j’ai devant moi la possibilité de mal agir et je peux alors avoir envie de me laisser aller parce que ça me semble bien agréable. Une tentation est une épreuve avec l’occasion de mal faire, mais on peut lui résister tandis que la faute consiste à succomber. Par ailleurs, le simple fait de désirer un acte coupable est déjà un péché. Par exemple dans le Sermon sur la montagne, Jésus a dit :

Vous avez appris qu’il a été dit : “ Tu ne commettras pas d’adultère. ” Eh bien, moi je vous dis : Si quelqu’un jette sur une femme un regard chargé de désir, il a déjà commis adultère avec elle dans son cœur (Matthieu 5.27-28).

Dans un sens nous avons tous le diable au corps, le désir de mal faire, parce que le péché habite en nous. C’est la grande différence entre moi et Jésus qui lui, étant absolument pur, n’a pas les désirs corrompus qui font partie de ma nature. Il a eu les mêmes occasions que moi de pécher, mais il n’en a jamais eu envie. Moi quand je vois une belle femme, bon je m’arrête tout de suite. Jésus, lui ne voit que la personne, l’âme et ses besoins.

Après avoir jeûné pendant plus d’un mois, le Seigneur a faim parce qu’il est humain. Alors, Satan saute sur l’occasion pour lui dire : « Mais transforme donc ces pierres en miches de pain ». C’est un test et Jésus aurait pu faire ce miracle. Oui, il en a le pouvoir mais pas le désir parce qu’il ne veut pas agir hors de la volonté de son Père qui lui demande un esprit de totale soumission. Jésus, voyez-vous, n’a pas comme vous et moi une nature qui est tout entière orientée vers le péché, ce qui fait qu’il ne peut pas succomber à la tentation, et toutes les épreuves qu’il a subies ont pour objectif de montrer qu’il est absolument pur et saint.

Dans l’ancien far-ouest, beaucoup de fausse monnaie circule, alors quand l’épicier du coin a un doute, il mord la pièce qu’on lui tend. Son but n’est pas de la tordre mais de s’assurer que ce n’est pas du toc.

Un jour, je suis allé chez un antiquaire pour acheter une chaise de style. Mais avant d’avancer l’argent, je me suis assis dessus, d’abord délicatement puis normalement. Je l’ai testé pour m’assurer qu’elle n’était pas vermoulue. À l’entrée de certains magasins IKEA, on voit parfois un fauteuil sur lequel tombe régulièrement une masse, ou bien c’est un placard avec une sorte de robot qui ouvre et ferme constamment la porte. Là encore, le but de la manœuvre n’est pas de détruire le matériel mais de prouver qu’il est de bonne qualité. C’est de cette façon qu’il faut comprendre la tentation du Christ dans le désert ; l’objectif de Satan est bien de le faire chuter, mais Dieu utilise la méchanceté du diable afin de prouver au monde que Jésus est authentique, réel, que c’est du solide et que toute la création et les hommes en particulier, qui sont soumis à la vanité du péché, peuvent compter sur lui pour leur venir en aide. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul écrit :

La création attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu… avec une espérance : cette même création sera libérée de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu (Romains 8.19-21 ; SER).

Dans un sens, on peut dire que la tentation et tout ce que Jésus a souffert pendant son séjour sur terre est comme une longue « épreuve du feu » qui a pour but de prouver qu’il est ininflammable. En d’autres mots, il a été testé pour montrer qu’il est bien Dieu fait homme et que nous devons donc l’écouter.

Si Jésus avait obéi à Satan, cela aurait simplement prouvé que Jésus de Nazareth n’est pas celui qu’il dit être, le Fils de Dieu. Mais parce qu’il est la seconde personne de la Trinité, il ne pouvait pas pécher. Plus loin, l’auteur de l’épître écrit « qu’il a été tenté en tous points comme nous le sommes, mais sans commettre de péché » (Hébreux 4.15). Parce que Jésus a subi des épreuves semblables aux nôtres, il n’est pas insensible à nos difficultés, mais peut compatir et nous venir en aide. Il est assis à côté de la majesté divine où il nous est accessible et d’où il intercède pour nous. Plus loin, l’auteur s’attarde longuement sur le ministère de grand-prêtre que Jésus exerce en ce moment même dans les cieux.

Quand au milieu de la nuit je me tourne et retourne à cause d’un souci qui me prend la tête, je peux aussi, par la foi regarder au-delà de mes ténèbres en direction du grand-prêtre qui est assis sur son trône, afin de lui apporter mes fardeaux, car je sais qu’il s’intéresse à moi et à tout ce qui fait ma vie. Et quand sonnera pour moi le moment de « traverser la vallée où règnent les ténèbres de la mort, je ne craindrais aucun mal, car tu es auprès de moi : ta houlette me conduit et ton bâton me protège », écrit David dans le psaume du bon berger (23.4). Quelle que soit l’épreuve, Jésus est capable de venir à mon aide. Plus loin l’auteur écrit :

Approchons-nous donc du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment (Hébreux 4.16).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 03 2023

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