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12 nov. 2025

Hébreux 7.5-22

Dans la plupart des relations humaines, certains occupent la position haute et les autres, la position basse ; c’est le cas par exemple entre un patron et ses ouvriers ou entre le prêtre et ses paroissiens. Cependant, cette supériorité apparente n’est pas liée à la personne mais à la fonction. C’est comme ça du moins que l’envisage l’auteur de l’épître aux Hébreux quand il compare Abraham et ses descendants les Lévites, à un personnage mystérieux qui répond au nom de Melchisédek.

Je continue maintenant de lire dans le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux.

Certes, la Loi ordonne à ceux des lévites qui sont prêtres de prélever la dîme sur le peuple d’Israël, c’est-à-dire sur leurs frères, bien que ceux-ci soient, comme eux, des descendants d’Abraham. Mais Melchisédek, qui ne figure pas parmi les descendants de Lévi, a reçu la dîme d’Abraham. En outre, il a invoqué la bénédiction de Dieu sur celui qui avait reçu les promesses divines. Or, incontestablement, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur. De plus, dans le premier cas, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; dans le second, selon le témoignage de l’Écriture, il s’agit de quelqu’un qui vit. Enfin, concernant Lévi, qui continue à percevoir la dîme — par l’intermédiaire de ses descendants — on peut même dire qu’il l’a versée à Melchisédek en la personne d’Abraham. En effet, puisqu’il n’était pas encore né, il était encore en puissance dans la personne de son ancêtre Abraham lorsque Melchisédek a rencontré celui-ci (Hébreux 7.5-10).

L’institution de la dîme a été codifiée par la loi de Moïse. Dans le livre du Lévitique, il est écrit :

Toute dîme prélevée sur les produits de la terre et sur les fruits des arbres appartient à l’Éternel : c’est une chose sacrée qui est à lui. Toute dîme de gros et de menu bétail, c’est-à-dire chaque dixième bête qui passe sous la houlette, sera consacrée à l’Éternel. – Aux lévites, je donne comme possession toutes les dîmes qui seront perçues en Israël, pour le service qu’ils assurent (Lévitique 27.30, 32 ; Nombres 18.21).

Le don fait par Abraham à Melchisédek prouve la supériorité de sa prêtrise sur celle des Lévites. En effet, la tribu de Lévi était dans les reins d’Abraham, pour ainsi dire, quand leur ancêtre a fait ce geste. Les Lévites qui reçoivent pourtant la dîme de leurs frères l’ont eux aussi donnée à Melchisédek.

Cette logique se retrouve également dans le péché d’Adam, car quand il a désobéi à Dieu, je me suis rendu coupable de cette même faute parce que je suis de sa lignée. Je sais très bien que ça nous paraît injuste, mais dans l’économie divine, c’est juste. Dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit : « de même que tous les hommes meurent du fait de leur union avec Adam, tous seront ramenés à la vie du fait de leur union avec le Christ » (1Corinthiens 15:22), à condition bien sûr qu’ils acceptent Jésus comme leur sauveur.

Nous sommes tous condamnés à mourir parce que comme je viens de le dire, nous étions en Adam quand il a péché. Cependant, et toujours selon la même logique, ceux qui font confiance à Jésus sont unis à lui, ce qui aux yeux de Dieu les rend justes et parfaits comme lui.

Selon l’auteur, la prêtrise de Melchisédek est supérieure au sacerdoce lévitique parce que premièrement Abraham a donné la dîme à Melchisédek, et deuxièmement, ce dernier a béni le patriarche, et troisièmement le sacerdoce de Melchisédek est permanent.

Nous ignorons si Abraham et Melchisédek se fréquentaient, par contre, nous savons d’après un court passage de la Genèse, qu’ils se sont brièvement rencontrés et que ce contact n’était pas anodin puisque Abraham a donné une forte somme d’argent à Melchisédek et que ce dernier l’a béni au nom de l’Éternel. « Or, incontestablement, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur ». En conséquence, Melchisédek occupe un rang supérieur à celui du patriarche Abraham ainsi qu’à ses descendants dont Lévi, son arrière-petit-fils. En d’autres mots, depuis toujours, le sacerdoce de Melchisédek est supérieur à celui des Lévites. De toute façon, alors que Melchisédek est grand-prêtre de l’Éternel, Abraham est encore en partie idolâtre ; voilà pourquoi c’est le premier qui a béni le second sans que les ancêtres de l’un ou de l’autre n’entrent en ligne de compte.

Au service de Dieu, l’hérédité ou le rang social n’importe pas, car Dieu appelle à son service des hommes et des femmes en fonction de leurs qualifications personnelles et spirituelles (1Timothée 3.1-13 ; Tite 1.5-9).

La troisième supériorité de Melchisédek sur Abraham et les Lévites est la permanence de sa prêtrise. En effet, en parlant de Melchisédek, l’auteur dit que selon le témoignage de l’Écriture et parlant de son sacerdoce permanent et non transmissible, « il s’agit de quelqu’un qui vit » (Hébreux 7.8).

Le sacerdoce de chaque prêtre lévite est temporaire puisqu’il est obligé d’arrêter son service vers 50 ans, puis il finit par mourir. Melchisédek est mort lui aussi, cependant il continue à vivre au travers de son sacerdoce, car sa prêtrise n’a pas disparu avec lui, mais est seulement interrompue en attendant la venue du Fils de Dieu qui l’a reprise à son compte. Melchisédek est donc un avant-coureur du Christ et sa prêtrise une image du sacerdoce éternel du Christ qui est le grand Dieu immortel qui transcende le temps et l’éternité. Jésus est le seul grand-prêtre de l’unique sacerdoce qui puisse réconcilier les hommes avec Dieu.

Pour les Juifs qui placent leur foi en Jésus, ce fait marquant les assure qu’ils ont fait le bon choix en rompant avec le judaïsme, ses rites et ses sacrifices sans fin. Étant en parfaite sécurité en Jésus-Christ, ils n’ont aucune raison de regarder en arrière avec nostalgie pour contempler les cérémonies et les symboles de l’Ancienne Alliance.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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