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21 mai 2024

Job 38.1 – 38.41

Je crois que certains d’entre nous ont fait l’expérience de vouloir absolument rencontrer un personnage important et de voir enfin ce souhait se réaliser ; ce moment est inoubliable, bouleversant, passionnant et dramatique à la fois. Depuis la nuit des temps, nombreux sont les êtres humains qui ont désiré un tête à tête avec leur créateur, mais très peu l’ont obtenu. Job a eu droit à ce privilège.

Alors qu’Élihou, le quatrième ami à parler est en train de finir son dernier discours, voilà qu’a l’horizon, un ouragan s’annonce. Le vent est monté en puissance et de gros nuages noirs annonciateurs d’une forte tempête se font de plus en plus menaçants. Ils sont accompagnés du tonnerre et de zébrures d’éclairs qui illuminent toute la voûte céleste ce qui fait fuir tous ceux qui assistent aux discours d’Élihou. Job reste apparemment seul à la décharge publique. Il est de mauvaise humeur. Que lui importe l’orage ou la pluie ! Il n’a que faire du spectacle son et lumière qui s’offre à lui ; il est toujours assis sur son dépôt d’ordures à se morfondre sur ses malheurs quand tout à coup une voix se fait entendre.

Il est fréquent dans les Textes Sacrés qu’une tempête accompagne la manifestation de Dieu afin de souligner sa toute-puissance. L’Éternel s’adresse à Job et son apparition est bienveillante et libératrice. Il ne vient pas pour punir Job mais pour l’instruire. En bon maître, il commence à l’enseigner à partir du point où en est son élève et le fait avancer à petits pas pour le conduire vers une meilleure disposition d’esprit. C’est aussi de cette façon que Jésus-Christ enseignait ; il observait les gens autour de lui dans leurs occupations quotidiennes, qu’ils soient affairés aux travaux des champs ou appliqués aux tâches domestiques, et en tirait une leçon qu’il donnait sous forme d’histoire. Je cite deux exemples : Jésus prit la parole et leur exposa bien des choses sous forme de paraboles. Il leur dit : — Un semeur sortit pour semer. Il leur raconta une autre parabole : — Le royaume des cieux ressemble à du levain qu’une femme prend pour le mélanger à une vingtaine de kilogrammes de farine (Matthieu 13.3, 33). Jésus introduit son enseignement avec une circonstance banale de la vie quotidienne qu’il a observée. De là, il conduit ses auditeurs vers des réalités spirituelles. Un bon conférencier agi de la même manière ; il cherche tout d’abord à connaître les préoccupations de ses auditeurs en consultant le journal local et en écoutant les informations régionales et internationales. Il choisit ensuite ses illustrations en fonction de son sujet et des actualités qui s’y rapportent ; c’est la meilleure façon d’établir un contact avec un auditoire et de susciter son intérêt.

Avant que l’Éternel ne prenne la parole et comme je l’ai dit, Élihou lui a déblayé le terrain pour ainsi dire, en sensibilisant Job sur son problème de fond qui est de vouloir se justifier à tout prix même en condamnant Dieu. Pour ce faire, Élihou a décrit les merveilles de la création, ce qui lui a permis de poser à Job des questions pertinentes afin de bousculer ses idées arrêtées. Il est ainsi parvenu à faire réfléchir Job sur son attitude pourrie, mais pas au point de s’humilier. Maintenant intervient le Créateur du ciel et de la terre qui va construire sur le fondement posé par Élihou. Désespéré, Job a frappé avec insistance à la porte céleste en suppliant le ciel de lui répondre. Il soupirait, réclamant à grands cris un arbitre, un avocat, un médiateur qui défendrait sa cause devant Dieu. Sa supplique a été reçue et l’Éternel se fait entendre, mais sa réponse ne correspond en rien à ce que Job anticipait. Lui, il voulait aller devant une cour de justice afin de prouver qu’il est intègre, innocent de grands péchés et donc que Dieu est dans ses torts et qu’il n’aurait jamais dû le frapper de tant de malheurs.

Au lieu de répondre aux charges que Job fait peser contre lui, l’Éternel lui pose environ 70 questions. Le pauvre homme est décontenancé, pris au dépourvu car soudainement il se trouve au banc des accusés. Dieu n’adresse pas le fond du problème en expliquant le pourquoi du mal et l’objectif de la souffrance car sa dignité exige qu’il ne justifie aucune de ses actions. Dans sa réponse à Job, Dieu le réprimande pour contester sa façon d’agir. Dans ce but, il l’interroge sur de nombreux aspects du règne animal et de la nature en général. Les questions fusent et vont des constellations aux bêtes sauvages en passant par les oiseaux. Job a la tête qui tourne devant ce barrage et ne sait que répondre. Pourtant, il a ce qu’il veut ; il est face au Dieu après lequel il soupirait. Job doit être au moins rassuré de constater que le Tout-Puissant ne l’a pas abandonné à son triste sort.

En révélant sa puissance et sagesse, l’Éternel montre à Job son ignorance et sa folie. Comment peut-il vouloir avoir son mot à dire concernant les voies de Dieu et débattre avec lui alors qu’il ne peut ni répondre à une seule question ni concevoir comment Dieu maintient et gouverne  l’univers ? Puisque l’Éternel gère parfaitement tout ce qui se passe dans la création, n’a-t-il pas aussi raison d’agir comme il le fait envers les hommes ? Même s’il est impossible à Job de saisir les voies de Dieu, il peut quand même lui faire confiance.

Essayer de comprendre Dieu est un exercice cérébral qui mène nulle part. Par contre, l’admirer suscite l’adoration et c’est ce qu’il désire de moi. Le Tout-Puissant n’a rien expliqué à Job parce que dans sa souveraineté il n’a pas à répondre au questionnement des êtres humains, par contre, eux doivent lui rendre des comptes. Dieu n’a donc pas rapporté à Job l’espèce de pari qu’il a conclu avec le diable et qui est la cause de ses souffrances. Ce qui s’est passé derrière le voile doit rester secret jusqu’à la fin de l’épreuve. Cependant, Dieu s’est révélé à Job et qui veut toujours être son ami.

Le réquisitoire des 4 derniers chapitres du livre de Job est le plus long de tous les discours solennels de l’Éternel que nous rapportent les Textes Sacrés. Cette exaltation des merveilles divines dans la nature est d’une telle splendeur poétique qu’il est impossible de la rendre en français. Elle surpasse en beauté tous les autres textes qui décrivent sa puissance créative. Il n’est donc pas étonnant que Job soit réduit au silence le plus complet et qu’il se repente la face contre terre en mordant la poussière de l’humiliation.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 26 2024

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