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21 avril 2026

Jonas 1.4-9

Il se dépêche ; c’est en toute hâte qu’il se dirige vers les quais pour acheter son billet. Quelques personnes font la queue et il se joint à eux. Mais le caissier dit à la personne qui le précède que le bateau est complet. Elle s’en va et lui aussi s’apprête à quitter ce quai pour aller voir ailleurs dans l’espoir de trouver un autre bateau, quand le téléphone sonne. Le caissier décroche puis se tourne ver lui et crie : « Ne t’en va pas, je viens juste de recevoir une annulation, M. Schtroumpf a été hospitalisé et il ne pourra pas être du voyage ».

Jonas se dit alors : « quelle aubaine, quelle heureuse coïncidence, peut-être que j’ai raison d’aller à Tarsis ! »

Bon d’accord, ça ne s’est pas passé comme ça mais l’esprit y est. Bien qu’il soit en fuite loin de la présence de l’Éternel, qui peut dire que Jonas n’est pas en paix avec sa conscience, car aussitôt qu’il embarque, il descend dans la cale et s’endort du sommeil du juste. Il s’est peut-être dit qu’après tout, il a mal compris ce que Dieu lui demandait.

Vous me direz que ce raisonnement ne tient pas debout, et pourtant il m’est arrivé d’argumenter avec moi-même afin de me justifier quand je ne veux pas obéir à ce que je sais être la volonté de Dieu, et j’arrive ainsi à me convaincre que je peux faire ce que je veux. Un autre raisonnement bâtard consiste à se laisser bercer d’illusions par des circonstances fortuites heureuses. En réalité, à travers l’histoire, beaucoup de croyants fidèles à Jésus-Christ ont souffert à cause de le leur foi. Dans le Nouveau Testament, l’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Grâce à la foi, ils ont […] fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l’épée […]. D’autres encore ont enduré les moqueries, le fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d’autres ont été torturés, sciés en deux ou mis à mort par l’épée. D’autres ont mené une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de chèvres, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n’était pas digne. Ils ont erré dans les déserts et sur les montagnes, vivant dans les cavernes et les antres de la terre (Hébreux 11.33-38).

« Grâce à la foi, certains ont échappé au tranchant de l’épée tandis que d’autres ont été mis à mort par l’épée ». Ce n’est pas parce que tout va bien ou que tout va mal que je suis ou pas dans la volonté de Dieu.

Dans le cas de Jonas, il sait fort bien que Dieu veut qu’il aille prêcher dans la capitale assyrienne. Mais d’un autre côté, est-il possible qu’il ait mal compris l’ordre de l’Éternel parce que dans toute l’histoire d’Israël, jamais un Israélite n’a été envoyé spécifiquement à une nation païenne pour lui donner un message de repentance ; c’est le contraire. Dieu a placé la nation d’Israël au carrefour de trois continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique, ce qui fait de son territoire un grand lieu de passage, une sorte de hall de gare en somme.

Quand les caravanes traversent le pays, les étrangers peuvent observer comment les Israélites servent et adorent le seul vrai Dieu, et ainsi apprendre à le connaître. Voilà pourquoi la reine de Shéba (1Rois 10.1) et des représentants du monde entier sont venus entendre la sagesse de Salomon. Dans le premier livre des Rois on lit :

Tous les rois de la terre qui avaient entendu vanter sa sagesse, envoyaient des délégations de tous les pays du monde pour l’entendre (1Rois 5.14).

Mais le plan de Dieu n’a pas fonctionné parce que les Israélites ont été infidèles, y compris Salomon et plus tard le prophète Jonas. Je continue maintenant de lire dans le premier chapitre du livre qui porte son nom.

(L’Éternel adressa la parole à Jonas en ces termes : Mets-toi en route, va à Ninive la grande ville et proclame des menaces contre ses habitants, car l’écho de leur méchanceté est parvenu jusqu’à moi. Jonas se mit en route pour s’enfuir à Tarsis, loin de la présence de l’Éternel. Il descendit au port de Jaffa, où il trouva un navire en partance pour Tarsis. Il paya le prix de la traversée et descendit dans le bateau pour aller avec l’équipage à Tarsis, loin de la présence de l’Éternel). Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer et déchaîna une si grande tempête que le navire menaçait de se briser (Jonas 1.1-4).

Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jonas reçoit l’ordre d’aller à Ninive, il prend le bateau pour aller dans la direction opposée quelque part en Espagne dans les environs de Gibraltar. Mais son voyage commence très mal, ce qui me fait penser qu’on pourrait établir un plan du livre de Jonas en fonction des départs et arrivées du prophète.

Quand on prend l’avion pour une destination internationale, il faut toujours se présenter des heures en avance. Une fois les bagages enregistrés, il n’y a plus qu’à prendre son mal en patience en regardant les vitrines des magasins et en comparant les prix des produits détaxés qui semblent toujours plus chers à l’aéroport qu’en centre-ville. De temps en temps on regarde l’heure pour s’assurer de ne pas manquer l’embarquement puis on va devant l’un de ces écrans qui se trouvent un peu partout où on peut consulter les horaires de vol de plusieurs dizaines d’avions qui s’envolent pour aller un peu partout dans le monde.

Jonas n’a pas pris l’avion, mais au tout début du récit il quitte la terre d’Israël en bateau pour se rendre à Tarsis. Cependant, il subit un fâcheux contretemps puisqu’il atterrit dans le ventre d’un poisson et c’est ainsi que se termine le premier chapitre du livre (version Segond). Dans le deuxième chapitre, il quitte le poisson ou plutôt il est dégurgité et se retrouve sur la terre ferme au bord de la Méditerranée probablement en Israël.

Au troisième chapitre, on efface tout, retour à la case départ et on recommence. Pour la seconde fois, l’Éternel donne l’ordre à son prophète de se rendre à Ninive. Il quitte donc son pays une deuxième fois mais cette fois-ci il va dans la bonne direction et arrive à bon port. Il remplit sa mission avec succès mais pour Jonas tout ne va toujours pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Au quatrième et dernier chapitre du livre, Jonas ne va nulle part mais tourne en rond, littéralement, ainsi que dans sa petite tête de linotte parce qu’il oublie qu’il conteste la manière d’agir non d’un homme mais de l’Éternel, le seul vrai Dieu.

Après avoir montré tous ces départs et arrivées de Jonas, revenons au début de son histoire. Alors que le bateau fonce toutes voiles dehors direction l’Espagne, Jonas est dans la cale et dort à poing fermé, ce que le texte nous apprend un peu plus loin (Jonas 1.5). C’est alors que l’Éternel fait souffler un grand vent sur la mer et déchaîne une si grande tempête que le navire menace de se briser sous la violence des flots (Jonas 1.4). Tout au long du livre, l’auteur qui n’est autre que Jonas lui-même, souligne la souveraineté de Dieu. Ici, l’adjectif « grand » apparaît deux fois pour bien mettre l’accent sur le caractère extraordinaire de cette « grande tempête » déclenchée par l’Éternel qui fait souffler un « grand vent » qui soulève le bateau comme si c’était un vulgaire fétu de paille. Dans le psaume 104, le psalmiste écrit :

Tu fais des vents tes messagers, les éclairs sont tes serviteurs… – éclairs, grêle, neige, brume, vents impétueux qui exécutez ses ordres ! (Psaumes 104.4 ; 148.8).

Ici, c’est Dieu qui ordonne cette tempête pour arrêter la fuite du prophète et le remettre sur les rails afin qu’il aille dans la bonne direction.

Au 2e siècle de notre ère, dans son commentaire sur Jonas, le théologien et Père de l’Église Tertullien écrit : « Fuyant le Seigneur sur la terre, il le trouva dans la mer ».

Un jour, alors que Jésus est avec ses disciples dans un bateau de pêche et qu’ensemble ils traversent le lac de Galilée, dans l’évangile selon Marc, on lit :

Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui (Jésus), il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? (Marc 4.37-38).

Les disciples sont des pêcheurs professionnels et donc des marins aguerris qui savent comment naviguer au travers des tempêtes qui éclatent brusquement sur ce lac. Mais cette fois-ci, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas en mesure de faire face au « grand tourbillon » qui s’est jeté sur eux car il est surnaturel ; c’est Satan qui l’a manigancé afin de tuer Jésus et ses disciples. Ces derniers sont dans un état de panique alors que le Seigneur dort paisiblement car rien de fâcheux ne peut arriver au Maître du ciel et de la terre. Les disciples courent réveiller leur maître. Alors,

S’étant réveillé, Jésus menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme (Marc 4.39).

Les marins qui voyagent avec Jonas vont avoir une rude journée. On peut résumer tout ce qui va se passer sur le bateau en quelques courtes phrases : Les marins sont « saisis de crainte » ; les marins implorent leur dieu ; les marins allègent le navire ; Jonas dort paisiblement ; le capitaine s’adresse à Jonas (Jonas 1.6) ; les marins tirent au sort pour savoir qui est responsable de cette tempête et c’est Jonas qui est désigné (Jonas 1.7) ; les marins lui demandent : « Mais qui es-tu » ? (Jonas 1.8) ; Jonas explique qui il est, qui est l’Éternel et qu’il le fuit (Jonas 1.10 a) ; les marins sont « saisis d’une grande crainte » (Jonas 1.10 b) ; les marins demandent à Jonas ce qu’ils doivent faire (Jonas 1.11) ; Jonas dit : « jetez-moi à la mer » (Jonas 1.12) ; les marins essaient de rejoindre la côte, sans succès (Jonas 1.13) ; les marins invoquent l’Éternel (Jonas 1.14) ; les marins jettent Jonas par-dessus bord et la mer se calme (Jonas 1.15) ; les marins sont « saisis d’une grande crainte ».

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 26 2024

Émission du jour | Néhémie 2.1-18

Néhémie envoyé à Jérusalem

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