Les émissions

05 déc. 2022

Luc 5.36 – 6.49

Quand quelqu’un me pose une question alors que de toute évidence, il est de mauvaise foi, ça me met en boule et je m’esquive par une plaisanterie quelconque. Mais Jésus n’agissait pas ainsi; assez curieusement, il ne prête pas attention à la mauvaise intention des Pharisiens qui viennent systématiquement lui chercher des poux et ne les envoie pas promener, mais il leur répond comme si leur question était sincère. Dans un premier temps, Jésus a utilisé la coutume juive du mariage pour expliquer aux Pharisiens que ses disciples ne se morfondent pas en jeûnant comme le font les chefs religieux et les disciples de Jean-Baptiste. Jésus s’est identifié à un époux et ses disciples sont comme les jeunes gens qui, tout joyeux, l’accompagnent quand il vient chercher sa fiancée pour l’emmener dans sa maison. Dans un second temps, Jésus étaie ce qu’il vient de dire à l’aide d’une parabole qui s’appuie sur la valeur des habits. En effet, alors qu’aujourd’hui, dans nos sociétés nanties, on ne répare guère un vêtement usé, il n’en a pas toujours été ainsi. Jeune fille, ma mère était couturière de profession et donc, quand j’étais enfant, elle me réparait les fonds de culotte. Mais la difficulté était de trouver un morceau de tissu qui puisse être rajouté. Il fallait qu’il soit déjà un peu usagé et que les couleurs s’accordent afin qu’on ait pas un ensemble trop disparate. Au premier siècle de notre ère, les vêtements étaient onéreux, et donc les gens en prenaient soin et les gardaient aussi longtemps que possible. Je continue à lire dans le chapitre 5 de l’évangile selon Luc.

Et il utilisa la comparaison suivante : — Personne ne songe à couper un morceau d’un habit neuf pour rapiécer un vieux vêtement. Sinon on abîme l’habit neuf, et la pièce d’étoffe qu’on y aura découpée jure avec le vieil habit. De même, personne ne met dans de vieilles outres du vin qui fermente encore, sinon le vin nouveau les fait éclater, il se répand, et les outres sont perdues. Non, il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Bien sûr, quand on a bu du vin vieux, on n’en désire pas du nouveau ; en effet, on se dit : le vieux est meilleur (Luc 5.36-39).

De la même manière qu’on ne doit pas mélanger le temps des réjouissances et le temps de la repentance, il ne faut pas non plus coudre un moreau de tissu neuf sur un vieil habit ni mettre du vin nouveau dans une vieille outre. Jésus enseigne ici qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre la loi de Moïse et la bonne nouvelle du royaume, symbolisée par l’habit neuf et le vin nouveau. L’outre neuve qui contient l’Évangile c’est la grâce de Dieu qui s’est manifestée quand le Créateur a lui-même réglé notre dette envers lui sans rien nous demander en retour si ce n’est d’accepter son offre de pardon. Mais les Pharisiens et les religieux de tout poil sont attachés au rituel, au vieux vêtement et aux veilles outres. Ils y ont pris goût car ils jouissent de privilèges immenses et de l’admiration du peuple. Voilà pourquoi ils considèrent leur vieille façon de faire comme la meilleure et rejettent en bloc l’enseignement de Jésus parce qu’il leur paraît nouveau, et surtout, il menace le statu quo et leur pouvoir sur le peuple.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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