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16 juin 2026

Michée 4.1-5

Plus on descend profondément dans un puits et plus il y fait sombre ; voilà une belle lapalissade. Par contre, je me suis laissé dire qu’à partir d’un certain point, il y fait tellement noir qu’en levant les yeux vers le ciel on peut voir les étoiles même en plein jour. Je ne comprends pas très bien ce phénomène physique mais c’est un peu l’expérience que nous fait vivre le prophète Michée sur le plan politique concernant le royaume de Juda. Après nous avoir emmenés tout en bas avec lui dans la fosse, il nous fait soudainement décoller vers les hauteurs. Jusqu’à présent, sa prophétie a surtout parlé des crimes et du châtiment des Israélites, et de la destruction des deux royaumes, bien que, même dans les plus profondes ténèbres, nous avons aperçu un rayon de lumière pendant quelques instants (Michée 2.12-13).

Avec les chapitres quatre et cinq, nous arrivons à une charnière du livre parce que Michée va prophétiser la gloire future du royaume israélite de Juda, le seul légitime car ses rois sont issus de la dynastie de David (chap. 4-5). Cependant, Michée mentionne encore le jugement à venir car il est inévitable, parce que l’Éternel doit purifier son peuple et que seul un petit reste de rescapés entrera dans le royaume (Osée 3.5).

Les chapitres quatre et cinq commencent tous deux comme une belle journée ensoleillée, puis soudainement arrivent de lourds nuages et la tempête du jugement se déchaîne.

Cette partie centrale du livre de Michée se compose de deux discours, un au chapitre quatre et un au chapitre cinq. Tous deux développent la même pensée : Jérusalem et Juda-Israël connaîtront la gloire parce que Dieu l’a promise, mais ce salut ne se réalisera qu’après de grandes détresses. Dans le deuxième discours du chapitre cinq, Michée présente le Libérateur, celui qui relèvera Israël c’est-à-dire le royaume de Juda.

Chacun des deux discours se compose de deux strophes ; la première du chapitre quatre (Michée 4.1-7) décrit la gloire finale de Jérusalem, centre du royaume de Dieu sur terre à la fin des temps ; la seconde strophe du chapitre quatre (Michée 4.8-14) rappelle les angoisses de l’exil qui affligeront Israël avant que ne sonne l’heure de la victoire.

Dans le chapitre cinq, la première strophe (Michée 5.1-8) décrit le rétablissement du peuple de Dieu sous le sceptre du Messie tandis que la deuxième strophe (Michée 5.9-14) parle encore du jugement de tout ce qui, en Israël, s’oppose à Dieu et doit donc disparaître avant que la gloire du peuple de Dieu ne soit révélée.

La plus grande partie de l’annonce du relèvement futur d’Israël que Michée prophétise (Michée 4.1-4) se retrouve presque textuellement au début des prophéties d’Ésaïe (Ésaïe 2.2-4), ce qui fait que les spécialistes se demandent lequel des deux prophètes a copié sur l’autre.

Le tableau prophétique peint par Michée se marie bien avec ce qui précède et ce qui suit, et il est plus complet que celui d’Ésaïe qui est abrégé et donne l’impression d’avoir été tiré d’ailleurs. Il est donc peu probable que Michée ait copié Ésaïe. Mais ce dernier n’a pas non plus puisé son inspiration dans Michée, puisque, d’après un passage du livre de Jérémie (Jérémie 26.18), Michée a donné cette prophétie sous le règne d’Ézéchias, par conséquent plus tard que celle d’Ésaïe, qui a commencé son ministère avant Michée.

Il ne reste donc qu’une autre possibilité : tous deux ont emprunté ce passage à un prophète plus ancien qui est Joël parce qu’on retrouve une portion de la prophétie commune à Ésaïe et Michée chez Joël (Joël 4.9-11). Il semble donc que le Saint-Esprit ait inspiré les mêmes paroles à plusieurs prophètes ce qu’il a certainement fait plusieurs fois dans l’histoire prophétique d’Israël.

Cependant, on sait aussi que beaucoup de prophètes de l’Éternel n’ont rien écrit mais que leurs oracles circulaient. Il est donc probable qu’Ésaïe, Michée, Joël et d’autres se soient inspirés de ces prophéties orales. C’est en tout cas ce qui expliquerait la formule antique « la bouche de l’Éternel a parlé » qu’on trouve dans les écrits d’Ésaïe et de Michée (Ésaïe 1.20 ; 58.14 ; Michée 4.4).

De toute façon, ce qui est important pour nous est de savoir que les livres prophétiques qui nous sont parvenus portent l’imprimatur du Saint-Esprit.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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