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22 juil. 2026

Nahoum 3.15-19

La coutume de s’immoler par le feu comme moyen de protestation est très spectaculaire, surtout quand, confortablement assis dans son fauteuil, on regarde ça d’un air ébahi au journal de 20 heures. Il fut un temps où ce spectacle était l’apanage des bonzes ; celui qui voulait s’immoler ainsi annonçait d’avance où et quand il allait accomplir son acte étonnant et courageux. Cependant, l’immolation par le feu n’est pas un phénomène nouveau, car selon une tradition attestée par plusieurs historiens antiques (Justin, Eusèbe), quand les Mèdes et les Babyloniens investissent Ninive, le roi assyrien (Sinsharishkun) met lui-même le feu à son palais et s’immole avec toute sa suite, ses serviteurs et ses concubines, sans leur demander leur avis, on peut en être sûr.

La destruction par le feu est aussi un fait de guerre relativement banal car les bâtiments ou les villes brûlées sont légions et c’est aussi le sort que les ennemis de l’Assyrie réservent à Ninive sa capitale. D’ailleurs, tout au long de ses oracles, le prophète Nahoum mentionne le feu comme moyen par lequel l’Éternel a l’intention d’en finir avec la capitale de l’empire assyrien. Je continue maintenant de lire dans le chapitre trois du livre de Nahoum.

Là, le feu te consumera, l’épée te détruira, et elle te dévorera comme des sauterelles (Nahoum 3.15 a).

Tandis que le feu détruit les bâtiments de Ninive, l’épée des Mèdes et des Babyloniens dévore les habitants « comme des sauterelles » qui arrivent soudainement et dévorent absolument tout ce qui est vert. Dans le texte, le mot hébreu pour « sauterelles » (jélek) veut dire « le lécheur », seulement cette bestiole ne fait pas que lécher, elle croque et elle dévore.

En Palestine, la sauterelle était particulièrement redoutée parce qu’elle se déplace en hordes composées de plusieurs centaines de millions d’individus qui forment des nuages tellement épais qu’ils obstruent la lumière du soleil. Ce phénomène était courant, mais les conséquences dramatiques pour une société entièrement axée sur l’agriculture.

Ce fléau est généralement précédé par une sécheresse persistante et par le vent chaud du désert qui dessèche toute la végétation. Puis ce même vent apporte avec lui les sauterelles. Armées de mandibules puissantes garnies de petites dents aiguës, elles dévorent tout ce qu’elles trouvent à se mettre sous la dent, y compris l’écorce des jeunes arbres. Le prophète Joël écrit :

Ce qu’a laissé le gazam, l’arbé l’a dévoré ; ce qu’a laissé l’arbé, le jélek l’a dévoré ; ce qu’a laissé le jélek, le chasil l’a dévoré.

Si on traduit, ça donne :

Ce qu’a laissé le trancheur, l’essaimeur l’a dévoré ; ce qu’a laissé l’essaimeur, le lécheur l’a dévoré ; ce qu’a laissé le lécheur, le rogneur l’a dévoré (Joël 1.4 ; auteur).

Cette accumulation de mots menaçants par le prophète Joël a pour effet d’intensifier la puissance de destruction des insectes.

La comparaison des armées mèdes et babyloniennes à des sauterelles signifie qu’une fois le sac de Ninive terminée il n’en restera absolument rien sinon des ruines.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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