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21 juil. 2026

Nahoum 3.9-14

Parmi les besoins essentiels de l’homme, il faut écrire en tête de liste, l’eau puis la nourriture. Mais presque aussi important est la nécessité de trouver un abri, une protection contre les éléments naturels et les prédateurs, qu’ils soient animaux ou d’autres êtres humains. Pour cette raison, nous avons en France des châteaux forts un peu partout et ils sont presque toujours construits sur une hauteur car beaucoup plus facile à défendre que le fond d’une vallée. Les villes antiques sont souvent ceinturées de murailles pour mieux se protéger contre un ennemi éventuel et les châteaux forts sont en plus entourés de douves. C’était aussi le cas de Ninive capitale des Assyriens. Mais d’autres villes puissantes n’ont pas besoin de fortifications, en théorie du moins, parce qu’elles sont construites à un croisement de masses d’eau. C’est le cas de Thèbes en Égypte, qui est comme un îlot au milieu d’une mer. À cause de sa situation géographique et de ses puissants alliés, cette capitale se croit à l’abri de tout danger. Je continue de lire dans le chapitre trois du livre de Nahoum.

Es-tu plus prospère, fort et nombreux que No-Amôn qui était assise au milieu des fleuves, entourée par les eaux, ayant la mer pour rempart, la mer pour murailles ? (Nahoum 3.8 ; auteur).

Nahoum s’adresse à Ninive et la compare à « No-Amôn », le nom égyptien de la ville de Thèbes, un mot qui signifie « maison d’Amôn », une divinité particulièrement prisée qui est représentée avec un corps d’homme et une tête de bélier. Capitale de la Haute Égypte et située à 400 km au sud du Caire, la ville antique de Thèbes est la résidence principale des pharaons les plus glorieux et en particulier de Ramsès XI de la dix-neuvième dynastie.

Sur la grandeur de Thèbes, Dominique Vivant, baron Denon (1747-1825), égyptologue et muséologue avant l’heure, écrit : « On ne peut croire, même après l’avoir vu, à la réalité de l’existence de tant de constructions réunies sur un même point, à leurs dimensions, à la constance obstinée qu’a exigée leur fabrication, aux dépenses incalculables de tant de somptuosité » (Égypte II. 226).

Thèbes est construite sur les deux bords du Nil. Les habitations des vivants se trouvent sur la rive est, de part et d’autre des canaux processionnels qui relient les enceintes de Karnak au temple de Louxor. Ces voies sont empruntées par les barques sacrées du dieu Amôn. Sur la rive ouest, la rive des morts, sont construits les tombeaux royaux, demeures d’éternité des pharaons, ainsi que leurs temples funéraires appelés « Châteaux des Millions d’années », que le dieu Amôn vient visiter chaque année lors de « la Fête de la Vallée ».

Comme je l’ai dit, Thèbes n’a jamais été entourée de murailles parce que le Nil et les canaux forment une masse d’eau qui offre une défense suffisante. Ville réputée imprenable, elle est néanmoins dévastée par le roi assyrien Assourbanipal (en 663 avant Jésus-Christ). En conquérant qui se respecte, il emporte tous les immenses trésors accumulés au fil des siècles et dépouille ses sanctuaires des statues divines, les dépossédant ainsi de leur élément vital.

Même après avoir été restaurée par les pharaons des dernières dynasties, la ville de Thèbes ne s’est jamais complètement remise de cette invasion. Alexandre le Grand participe également à l’œuvre réparatrice, puis à sa suite la dynastie grecque des Ptolémées. À l’époque romaine, les temples sont peu à peu abandonnés, une garnison militaire s’établit à Louxor, dont le temple est finalement transformé en forteresse. Après la conversion officielle de l’empire romain au christianisme, plusieurs églises s’y installent et avec l’arrivée des musulmans une mosquée y est construite, tant et si bien que le temple de Louxor reste l’un des lieux de culte et de prière les plus anciens au monde.

Le jugement de Thèbes est prédit par les prophètes Jérémie (Jérémie 46.25) et Ézéchiel (Ézéchiel 30.14-16), et aujourd’hui, les ruines de cette ville idolâtre s’étendent sur plus de 40 km. Tout ça pour dire que la prophétie de Nahoum annonce que Ninive n’est pas dans une situation plus favorable que Thèbes car elle aussi sera entièrement détruite.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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