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10 août 2026

Sophonie

Il existe bien des moyens de faire la une des journaux. Certains se rendent célèbres par un exploit qui peut être sportif, scientifique ou autre, une démonstration de courage, un sacrifice, ou un dévouement exceptionnel. Mais on peut aussi être en première page pour un acte criminel ou se trouver en petits caractères dans les faits divers pour mille et une raisons suite à un bon ou mauvais coup du sort.

Dans les Écritures aussi, certains personnages ont droit à une attention particulière parce qu’ils se sont fait remarquer en bien ou en mal. De ce nombre est la femme de Lot, le neveu d’Abraham. Je résume le texte :

Les anges se firent pressants. Ils dirent à Loth-Debout ! Emmène ta femme et tes deux filles qui sont ici. […] Sauve-toi ! Il y va de ta vie. Ne regarde pas derrière toi et ne t’arrête nulle part dans la plaine ! […] L’Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre enflammé par un feu qui venait du ciel, de l’Éternel. […] La femme de Loth regarda derrière elle et fut changée en une statue de sel (Genèse 19.15, 17, 24, 26).

C’est avec ces dernières paroles quelque peu énigmatiques, j’en conviens, que se termine le passage du livre de la Genèse qui raconte la destruction de Sodome et Gomorrhe. On ne sait strictement rien de cette pauvre femme, pas même son nom, et pourtant elle est devenue célèbre parce que Dieu l’a punie pour avoir regardé derrière elle. De toute évidence elle quitte Sodome à contrecœur ; en fait, son cœur n’a jamais quitté cette ville maudite. Or, Dieu n’aime pas du tout les cœurs partagés. Luc écrit que Jésus dit :

Celui qui regarde derrière lui au moment où il se met à labourer avec sa charrue n’est pas prêt pour le règne de Dieu (Luc 9.62).

Et dans le livre de l’Apocalypse, le Seigneur dit à une église :

Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche (Apocalypse 3.15-16 ; LSG).

A l’époque du prophète Sophonie, dans le royaume de Juda, se trouve bon nombre d’Israélites qui courent deux lièvres à la fois, qui sont partagés, genre femme de Lot, qui tantôt vont au temple pour offrir un sacrifice à l’Éternel, et tantôt se courbent bien bas devant une statue de l’idole Baal. Ce sont des tièdes, des adeptes d’un syncrétisme religieux qui depuis la nuit des temps fait beaucoup d’émules.

Mais à côté de ceux qui zigzaguent en penchant à droite puis à gauche, il y a aussi en Juda, des idolâtres purs et durs qui ne s’embarrassent pas de préjugés, qui n’essaient pas de sauver la face ou de donner le change ; ils sont froids et même glaciaux envers l’Éternel ; ils adorent les astres, un point c’est tout.

En plus de ces deux catégories d’idolâtres, dans le royaume de Juda, il y en a encore une troisième qui ne tient aucun compte de l’Éternel. Ils ne sont pas véritablement athées au sens où on l’entend aujourd’hui, mais plutôt déistes avant même que ce mot existe. Ils croient que Dieu a démarré l’univers puis s’en est allé ailleurs sans se soucier de ce qui peut se passer sur terre. Sophonie les mentionne quand il déclare :

(Je ferai disparaître) ceux qui se détournent de l’Éternel, qui ne se soucient pas de lui et qui ne le consultent pas (Sophonie 1.6).

Ceux qui jadis étaient indifférents aux réalités spirituelles, aujourd’hui ne sont pas forcément athées mais vivent comme tels en prétendant n’avoir ni dieu ni diable. Ils ne pratiquent aucune religion parce qu’ils prétendent ne pas avoir besoin de béquille et donc se croient supérieurs à ceux qui vénèrent un dieu. Mais si on y regarde d’un peu plus près, on se rend vite compte qu’en réalité, ces gens sont esclaves d’une passion, l’argent par exemple, pour lequel ils sont prêts à faire n’importe quoi. Ce sont donc des idolâtres comme les autres mortels, mais ils ajoutent à ce travers l’orgueil et l’arrogance, et c’est ce qui va leur attirer le châtiment de Dieu.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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