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06 oct. 2026

Zacharie 7.2-7

La vie est pleine d’incertitudes parce que l’avenir nous est totalement voilé. On se dit : « tiens, demain je vais faire ceci ou cela », et puis voilà un contretemps souvent fâcheux qui se présente. Je sais pas vous, mais moi, il m’arrive parfois d’être perplexe et donc de ne pas trop savoir que faire. Dans ces situations, qu’est-ce que j’aimerais pouvoir consulter Dieu directement mais ce n’est pas possible. Par contre, sous le régime de l’Ancien Testament, il y avait moyen de poser des questions à l’Éternel.

Je continue de lire dans le chapitre sept du livre de Zacharie.

(Les habitants de Béthel envoyèrent des émissaires) pour demander aux prêtres du Temple du Seigneur des armées célestes, et aux prophètes : – Dois-je continuer à pleurer et à jeûner au cinquième mois comme je le fais depuis tant d’années ? (Zacharie 7.3).

La constitution de la théocratie israélite est la loi de Moïse ; c’est elle qui régit tous les aspects de la vie du peuple de Dieu. Dans ce contexte où l’Éternel est le chef suprême de la nation, les prêtres et les prophètes servent d’intermédiaires entre lui et le peuple d’Israël. Les premiers interprètent la Loi et présentent à Dieu les requêtes des fidèles ; ici, ils lui posent la question des émissaires de Béthel. Quant aux prophètes, ils communiquent la volonté de Dieu au peuple ; ici, ils recevront la réponse de l’Éternel et la transmettront aux intéressés. Comme le mot « prophètes » est au pluriel, c’est qu’il y en a plusieurs. On connaît Aggée, Zacharie et Malachie, mais peut-être y en a-t-il d’autres car tous ne sont pas écrivains.

Comme je l’ai déjà dit, à cette époque, les Israélites commémorent les événements tragiques qui ont mis fin à l’existence du royaume de Juda par quatre jours de deuil étalés sur l’année. Le psaume 137 semble avoir été composé pour accompagner le souvenir de ces malheurs ; je le lis :

Au bord des fleuves de Babylone, nous nous étions assis et nous pleurions en pensant à Sion. […] Ceux qui nous avaient déportés nous demandaient des chants, nos oppresseurs voulaient des airs joyeux […] Comment peut-on chanter les chants de l’Éternel sur un sol étranger ? Si jamais je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite perde sa force ! Oui, que ma langue se colle à mon palais si je ne pense plus à toi, Jérusalem, si je ne te mets plus avant toute autre joie (Psaumes 137.1-6).

Les émissaires de Béthel demandent : « Dois-je continuer à pleurer et à jeûner au cinquième mois […] ? » Le « je » représente les habitants de Béthel ; l’utilisation de la première personne du singulier pour désigner une communauté ou un peuple n’est pas rare car on la retrouve plusieurs fois dans l’Ancien Testament (Nombres 20.18-19 ; Josué 9.7 ; DRB ; 1Samuel 5.10-11 ; JER).

La coutume juive de jeûner est généralement accompagnée de lamentations (Juges 20.26 ; Néhémie 1.4 ; Joël 2.12), un comportement considéré comme une consécration au Seigneur, et il peut certainement l’être s’il exprime une repentance sincère venant du cœur, et non pas un conformisme religieux. Jésus dit à la femme Samaritaine :

Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent par l’Esprit et en vérité (Jean 4.24).

Doit-on prier debout, à genoux ou assis est une fausse question. Les rites et la liturgie, les habits tape-à-l’œil colorés et la musique sacrée, les protocoles et les draperies ; tout ça c’est du spectacle qui n’est pas nécessaire. Je veux bien croire qu’il est possible que ces supports religieux aident certaines personnes dans leur foi, mais le plus souvent ils remplacent la véritable spiritualité.

Les émissaires venus de Béthel ne mentionnent que le jour de deuil du cinquième mois (Ab ; juillet-août), le second des quatre jours de jeûne, parce que c’est celui qui rappelle l’événement le plus grave : la destruction de Jérusalem et du Temple (2Rois 25.8-10 ; Jérémie 52.12-13). Si ce jour de deuil est supprimé, les trois autres disparaissent également. La démarche des habitants de Béthel sous-entend leur désir de supprimer cette pratique religieuse que les exilés israélites se sont imposée. En effet, il faut savoir que la loi de Moïse ne prescrit qu’un seul jeûne par an, pour le jour des expiations appelé Yom Kippour. Dans le livre du Lévitique, on lit :

Le dixième jour de ce septième mois est le jour des Expiations ; ce sera un jour d’assemblée cultuelle, vous vous humilierez et vous offrirez à l’Éternel des sacrifices consumés par le feu. Vous ne ferez aucun travail ce jour-là, car c’est le jour des Expiations destiné à faire l’expiation pour vous devant moi, l’Éternel votre Dieu. Toute personne qui ne s’humilierait pas en ce jour-là sera exclue de son peuple (Lévitique 23.27-29 ; comparez Lévitique 16.29-31).

« Le jour des expiations », tous les Israélites sont sommés par l’Éternel de jeûner et de pleurer sur leurs péchés. Mais en dehors de ce jour solennel, Dieu a prescrit non pas des jours de lamentations et d’abstinence, mais des jours de fête pendant lesquelles les Israélites sont tenus de se réjouir. Je rappelle brièvement ces jours de fête.

« Le sabbat hebdomadaire ».

« Le premier jour de chaque mois ».

« La fête des trompettes » au début du 7e mois.

« La Pâque » au premier mois, accompagnée de « la fête des pains sans levain » (Lévitique 23.5-8).

« La fête des Semaines », aussi appelée « fête de la moisson » ou « fête des premiers fruits » ou encore « jour des prémices » (Exode 23.16 ; 34.22 ; Nombres 28.26), que l’on nomme plus tard « Pentecôte » parce qu’elle se célèbre le 50e jour après Pâque (Actes 2.1).

Ensuite, on a « la fête des Tabernacles » ou « fête des Cabanes » ou « fête des récoltes », qui a lieu au 7e mois (Lévitique 23.39-43).

Outre les solennités que prescrit la Loi, les Juifs en ont rajouté d’autres comme « la fête des Pourim » qui commémore la délivrance des Juifs qui échappèrent à un vaste complot que nous raconte le livre d’Esther (Esther 9.21-28) ; « la fête de la Dédicace » décrétée par Juda Maccabée pour commémorer la 2e consécration du Temple après sa profanation par le despote Antiochus.

Cependant, préférant pleurer plutôt que de se réjouir, les Israélites rajoutent ici et là des jeûnes pour marquer divers événements tragiques de la vie de la nation. Par exemple, dans le livre des Juges, l’auteur nous raconte une histoire particulièrement sordide qui déclenche une guerre civile entre la tribu de Benjamin et le reste de la nation. Après deux défaites consécutives des X tribus, dans le livre des Juges, on lit :

Alors tous les Israélites montèrent en foule à Béthel. Ils restèrent là, assis devant l’Éternel, pleurant et jeûnant jusqu’au soir (Juges 20.26).

Plus tard, c’est un acte de repentance qui conduit les Israélites à jeûner. Dans le premier livre de Samuel, on lit :

Ils s’assemblèrent à Mitspa, puisèrent de l’eau et la répandirent sur le sol devant l’Éternel ; ils jeûnèrent ce jour-là et confessèrent : – Nous avons péché contre l’Éternel (1Samuel 7.6).

Ces jeûnes volontaires sont des élans religieux sans valeur comme le fait remarquer le prophète Ésaïe qui écrit :

Au jour où vous jeûnez, vous traitez vos affaires et vous exploitez tous vos ouvriers, vous passez votre jeûne en procès et querelles et en frappant du poing avec méchanceté. Ce n’est pas par des jeûnes comme ceux d’aujourd’hui, que vous ferez entendre vos prières là-haut ! (Ésaïe 58.3-4).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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