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12 oct. 2026

Zacharie 8.14-20

De nos jours, on voit toutes sortes de mots ou d’expressions écrits sur les murs et d’une manière générale, ce n’est guère édifiant. Pourtant quand j’ai emprunté l’autoroute du soleil pour descendre sur la Côte d’Azur, j’ai vu écrit sur un pont ou une pancarte : « Dieu est amour », une phrase tirée de la première épître de l’apôtre Jean. Bon d’accord, je ne sais pas trop ce qu’en pensent les automobilistes, surtout que c’est une demi-vérité car ce même Dieu a aussi en haine ceux qui pratiquent le mal.

Dans la plupart des domaines de la vie, une personne équilibrée ne peut pas aimer quelque chose sans haïr son contraire ou ce qui s’y oppose. Si j’aime la vérité, je haïrais le mensonge ; si j’aime mon enfant, je haïrai le chien qui cherche à le mordre. Pareillement, Dieu déteste le mensonge, la convoitise et tous les autres péchés, et quand il décide de punir, c’est sans ménagement que le couperet de son jugement tombe.

Je continue maintenant de lire dans le chapitre huit du livre de Zacharie.

Car voici ce que dit le Seigneur des armées célestes : Lorsque vos pères ont excité ma colère, j’ai décidé de vous faire du mal, dit le Seigneur des armées célestes, et je ne suis pas revenu sur ma décision (Zacharie 8.14).

L’Éternel a mis ses menaces à exécution dans leur totalité. Dans le second livre des Chroniques, on lit :

Mais les Israélites méprisaient les envoyés de Dieu, ils faisaient fi de ses paroles et tournaient ses prophètes en ridicule, jusqu’à ce que la colère de l’Éternel contre son peuple eut atteint le point de non-retour (2Chroniques 36.16).

Et au début de son livre, Zacharie confirme ces faits douloureux quand il écrit :

Or mes paroles et mes lois que j’avais ordonné à mes serviteurs les prophètes de leur transmettre, n’ont-elles pas atteint vos pères ? Alors […] ils ont reconnu : “ Oui, le Seigneur des armées célestes nous a traités comme il avait résolu de le faire, comme le méritaient notre conduite et nos actes ” (Zacharie 1.6 ; comparez Jérémie 4.28 ; Zacharie 7.11-14).

La volonté de Dieu est pour nous complexe et mystérieuse. Que sa volonté exécute un jugement ou dispense une bénédiction, elle est au service des objectifs que l’Éternel s’est fixés de toute éternité ainsi que de toutes ses promesses, et rien ni personne ne peut détourner Dieu des résolutions qu’il a prises. Par exemple, il dit à Moïse qu’il l’a personnellement choisi et qu’il jouit de sa faveur comme ça, sans raison particulière (Exode 33.17), puis l’Éternel conclut en disant :

Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié (Exode 33.19).

Point final, fin de la discussion. L’apôtre Paul rappelle ces paroles de Dieu à Moïse et ajoute :

Cela ne dépend donc ni de la volonté de l’homme, ni de ses efforts, mais de Dieu qui fait grâce (Romains 9.16).

Au premier abord, il semble donc bien que les dés sont jetés d’avance, voire même pipés, et que le fatalisme de l’islam fait également partie du christianisme. Pourtant et selon les Écritures, ce n’est pas le cas parce que il n’est pas rare que dans ses rapports avec l’homme, Dieu change d’avis. Je vais donner quelques exemples.

Quand l’Éternel vient voir Abraham pour lui annoncer qu’il a l’intention de détruire Sodome, Gomorrhe et les autres villes de la plaine de Siddim, le vieux patriarche engage la conversation avec lui, et semble-t-il réussit à le faire plier puisque Dieu veut bien revenir sur sa décision s’il se trouve seulement dix justes dans Sodome (Genèse 18.20-33).

Le deuxième exemple concerne Ninive, capitale de l’empire assyrien. À un moment donné, l’Éternel décide de rayer cette ville de la carte. Mais il envoie Jonas pour avertir les Ninivites en les menaçant. Le Texte dit :

Lorsque Dieu constata comment les Ninivites réagissaient et abandonnaient leur mauvaise conduite, il renonça à faire venir sur eux le malheur dont il les avait menacés : il s’en abstint (Jonas 3.10).

Le troisième exemple concerne à nouveau Moïse. Alors que ce brave homme se trouve sur le mont Sinaï pour recevoir les tables de la Loi, le temps passe et dans la plaine le peuple impatient façonne une idole. Alors et parlant du peuple, l’Éternel dit à Moïse :

Ils se sont bien vite détournés de la voie que je leur avais indiquée. Ils se sont fabriqué un veau de métal fondu, ils se sont prosternés devant lui et lui ont offert des sacrifices en disant : “ Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait sortir d’Égypte ! ” Et maintenant, laisse-moi faire : ma colère s’enflammera contre eux et je les exterminerai. Mais je ferai de toi une grande nation (Exode 32.8, 10).

Moïse ne s’attendait pas à cette fâcheuse tournure des événements, pourtant, il ne se laisse pas démonter et se lance dans un plaidoyer remarquable, alignant plusieurs arguments pour montrer au Seigneur du ciel et de la terre qu’il a intérêt à ne pas mettre sa menace à exécution, et il réussit puisque dans le livre de l’Exode, on lit :

Alors l’Éternel renonça à faire venir sur son peuple le malheur dont il l’avait menacé (Exode 32.14).

Plus tard a lieu un autre incident encore plus grave. Après avoir entendu le rapport des douze espions qui ont exploré le pays de Canaan, le peuple hébreu décide comme un seul homme de se rebeller contre Dieu en refusant d’en faire la conquête. Et pour bien montrer sa mauvaise humeur, toute l’assemblée décide en plus de lapider Moïse, rien que ça, et avec lui les deux espions qui veulent obéir à la volonté de Dieu et faire la conquête de la Palestine. Comme on aurait pu s’y attendre, l’Éternel se fâche et dit à Moïse :

Combien de temps ce peuple me méprisera-t-il encore ? Quand cessera-t-il de me refuser sa confiance, alors que j’ai produit au milieu d’eux tant de manifestations extraordinaires ? Je vais le frapper de la peste pour l’exterminer, puis je formerai, à partir de toi, un peuple plus nombreux et plus puissant que lui ! (Nombres 14.11-12).

Cette fois encore, Moïse se lance dans un long discours où il lui faut jouer serré pour que le peuple soit épargné. Puis Moïse conclut en disant :

Pardonne, je te prie, la faute de ce peuple, en vertu de ton immense amour, tout comme tu n’as cessé de pardonner à ce peuple depuis qu’il est sorti d’Égypte. L’Éternel répondit : – Je lui pardonne comme tu l’as demandé. Néanmoins, […] aucun de ces hommes qui ont vu ma gloire et les manifestations extraordinaires que j’ai produites en Égypte et dans le désert, qui ont, déjà dix fois, voulu me forcer la main et qui ne m’ont pas obéi, aucun de ces hommes ne verra le pays que j’ai promis par serment à leurs ancêtres ! Aucun de ceux qui m’ont méprisé n’y entrera ! (Nombres 14.19-23).

Finalement, c’est la génération suivante composée des moins de vingt ans, qui pénètre en Terre promise, mais on a eu chaud. Ces exemples montrent bien qu’il est possible de faire changer Dieu d’avis. Eh bien non, pas vraiment, parce que les quatre incidents que j’ai rapportés : la repentance des habitants de Ninive ainsi que les plaidoyers d’Abraham et de Moïse étaient prévus de toute éternité dans le plan de Dieu. Comment est-ce possible ? Si Dieu est le Tout-Puissant, où est le problème ? Un peu plus tôt dans sa prophétie, Zacharie rapporte les paroles suivantes de l’Éternel :

Si ce qui reste de ce peuple pense que c’est trop extraordinaire pour ces jours-là, dois-je, moi aussi, l’estimer impossible ? (Zacharie 8.6).

Et dans les évangiles selon Marc et Luc, on lit que Jésus dit à ses disciples :

Tout est possible à Dieu (Marc 10.27). Rien n’est impossible à Dieu (Luc 1.37). Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu (Luc 18.27).

Les quatre incidents tirés des pages l’Ancien Testament enseignent que le fatalisme n’est pas un concept biblique. Dieu est suffisamment grand pour que ce qui peut nous paraître comme des sautes d’humeur ou un changement d’avis de sa part, soient inclus dans sa volonté ou plutôt dans ses décrets. Oui, mais alors on peut se demander si oui ou non Dieu tiendra ses promesses. Pas vraiment parce que comme l’écrit l’apôtre Paul dans sa lettre à Tite, l’Éternel est « le Dieu qui ne ment pas » (Tite 1.2) ce qui veut dire qu’on peut lui faire entièrement confiance. Même le grand Moïse s’est peut-être posé des questions concernant les promesses de Dieu, mais il y répond lui-même quand il écrit :

Dieu n’est pas homme pour mentir, ni humain pour se repentir. A-t-il jamais parlé sans qu’il tienne parole ? Et n’accomplit-il pas ce qu’il a déclaré ? (Nombres 23.19).

Il est évident que si Dieu est vraiment le Tout-Puissant, il sait tout, il n’est jamais pris au dépourvu par qui que ce soit, et pour lui les événements fortuits n’existent pas car il a tout prévu d’avance de longue date, avant même qu’il ne crée l’univers. La possibilité de devenir l’ancêtre fondateur d’un nouveau peuple de Dieu et donc de remplacer Abraham et ses descendants, était une offre réelle de Dieu à Moïse, mais il savait aussi que son fidèle serviteur n’étant pas mégalomaniaque pour un sou, cette perspective ne l’intéresserait pas le moins du monde.

Cela ne veut pas dire que, comme Jésus dans le désert, Moïse n’a pas été tenté, au moins une fraction de seconde, de devenir le numéro un à la place d’Abraham, mais dans sa grandeur d’âme, il a écarté cette idée encore plus vite qu’elle ne lui est venue à l’esprit.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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