Les études

30 mars 2022

#43 Début du quatrième chant (Esaïe 52.11-53.6)

L’application de cette prophétie se fait progressivement. D’abord la libération de l’exil babylonien, et à la fin des temps la venue du Messie. Entre-temps, Jésus a dit que sa présence était celle du royaume de Dieu, et l’apôtre Paul écrit que les bonnes nouvelles du règne de Dieu est l’Évangile proclamé dans le monde.

Dans cette prophétie, suite aux messagers, la venue du Roi céleste à Jérusalem suscite une grande joie et un chant de triomphe. Mais aujourd’hui, par contre, dans la ville sainte, autour de l’immense mosquée d’Omar, règne une ambiance sinistre, et devant le mur des lamentations, des Juifs tout en noir se tapent la tête contre les pierres. Il faudra attendre le retour de Jésus pour assister à un immense débordement de joie.

Partez, sortez de cette ville, et ne touchez rien d’impur ! Purifiez-vous, Lévites, qui portez les ustensiles de l’Éternel ! Vous ne sortirez pas en courant ni comme des fugitifs, car l’Éternel marche devant vous et ferme votre marche (Ésaïe 52.11-12 ; cp Esaïe 48.20 ; Exode 14.19-20 ; 2 Corinthiens 6.17).

Ésaïe télescope deux événements. Il ordonne aux Juifs de quitter Babylone, mais loin dans l’avenir, il les exhorte aussi à revenir à Jérusalem des quatre coins du monde pour entrer dans le règne du Messie. Dans un cas comme dans l’autre, c’est une marche triomphale sous la protection de l’Éternel, et comme ils vont rentrer dans la ville sainte, ils ne doivent rien apporter qui ait un lien avec l’idolâtrie.

Voici, mon serviteur agira avec une grande sagesse, il sera haut placé très élevé et grandement exalté (Ésaïe 52.13 ; cp Philippiens 2.9-11).

Ici commence le quatrième chant du Serviteur de l’Éternel, un poème en cinq strophes en crescendo, auquel le Nouveau Testament fait souvent référence parce qu’il prophétise le sacrifice du Serviteur et la gloire dont il sera suivi. Soit dit en passant que les verbes qui décrivent le Serviteur sont aussi attribués à l’Éternel.

Beaucoup sont horrifiés en le voyant, tellement son visage était défiguré et n’avait plus rien d’humain (Ésaïe 52.14 ; cp Matthieu 27.45-46).

Sans transition, Ésaïe passe de la gloire du Serviteur à la croix que Dieu transforma en autel sur lequel Jésus, l’Agneau de Dieu, offrit le sacrifice parfait qui expie les péchés de tous les hommes de tous les temps.

Des nations lui rendront hommage et devant lui des rois garderont le silence, car ils verront et apprendront ce qu’ils ne connaissaient pas (Ésaïe 52.15 ; cp Michée 7.16 ; Job 21.5 ; 29.9 ; 40.4 ; Romains 15.21).

Devant l’indicible, on garde le silence. A la fin des temps, quand le Serviteur apparaîtra dans toute sa gloire, il produira un chamboulement géopolitique considérable. Les chefs et les peuples seront stupéfaits quand ils se rendront compte que le petit Jésus dans sa crèche n’était autre que le Créateur et le Seigneur de l’univers. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul applique ce passage à sa mission d’annoncer la Bonne Nouvelle partout où elle n’a pas encore été prêchée.

Qui a cru à ce qui était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Éternel ? (Ésaïe 53.1).

Nous arrivons au chapitre 53 qui décrit la crucifixion du Christ prise sur le vif. La description du Serviteur souffrant y est bien plus détaillée que le récit très sobre des évangiles, que le Saint-Esprit a entouré d’un mur de silence afin que ce meurtre et jugement de Dieu ne fasse pas l’objet de la curiosité morbide de voyeurs mal intentionnés. Ésaïe s’adresse aux Juifs incrédules de l’époque de Jésus. En dépit de toutes les prophéties qui annoncent la venue du Serviteur de l’Éternel, seule une petite minorité l’a reconnu et accepté ; les autres et les chefs, l’ont méprisé (Jean 1.9-11 ; 12.38). Mais le bras de l’Éternel a fait de ce rejet, le salut du monde.

Il a grandi devant l’Éternel comme une jeune pousse, comme une racine sortant d’un sol aride. Il n’avait ni prestance ni beauté pour retenir notre attention, ni rien qui pût nous attirer (Ésaïe 53.2).

Le rejet de Jésus par les Juifs est sans excuse, mais s’explique par son apparence insignifiante. Il n’avait rien de la majesté d’un descendant du roi David, mais ressemblait plutôt à une plante frêle que personne ne remarque, à un simple homme du peuple d’Israël, alors asservi à Rome.

Homme de douleur, rejeté et méprisé, il était habitué à souffrir car semblable aux lépreux devant lesquels on se détourne. Nous n’avons pas considéré qui il était vraiment (Ésaïe 53.3 ; cp Lv 13.45).

Comme un lépreux, Jésus a été méprisé. Pendant son ministère, il a subi les railleries de ses frères, des religieux et des Romains, et après avoir profité de ses miracles, le peuple l’a fait crucifier.

En réalité, il s’est chargé de nos maladies et de nos souffrances, mais nous avons cru que Dieu l’avait puni, frappé et humilié (Ésaïe 53.4 ; cp Matthieu 8.17).

Matthieu écrit que les guérisons de Jésus accomplissaient cette prophétie. Les Juifs ont cru que sa mort était un châtiment de Dieu pour avoir commis une faute grave.

Mais ce sont nos péchés qui l’ont percé, et nos fautes qui l’ont brisé. C’est le châtiment qui est retombé sur lui qui nous donne la paix avec Dieu, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Alors que nous étions errants comme des brebis qui vont chacune leur propre chemin, l’Éternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous (Ésaïe 53.5-6 ; Esaïe 50.6 ; Zacharie 12.10 ; 1 Pierre 2.24).

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