Les études

16 juin 2022

#09 Lois sur le pur et l’impur (Lévitique 11.1-13.46)

Le chapitre 11 est inattendu car il traite de l’impureté due à la maternité.

« L’Éternel dit à Moïse : Quand une femme met au monde un garçon, elle sera impure durant sept jours, comme lors de ses règles. Le huitième jour, on circoncira l’enfant et elle restera encore trente-trois jours impures » (Lévitique 12.1-4).

Le contact avec le sang entraîne cette impureté rituelle, ce qui veut dire qu’elle ne peut ni toucher ni manger ce qui est déclaré saint, ni aller au tabernacle. Par la circoncision, le garçon entre dans l’alliance avec l’Éternel, ce qui n’est évidemment plus le cas aujourd’hui.

« Si elle met au monde une fille, elle sera impure pendant deux semaines. Elle restera encore soixante-six jours impure » (Lévitique 12.5).

Le temps d’impureté est doublé, peut-être parce que c’est Eve qui a introduit le péché dans le monde (1 Timothée 2.4). Par ailleurs, comme la circoncision est aussi un rite de purification, peut-être abrège-t-elle l’impureté de la mère. En tout cas, alors qu’en 1870 plus de 15 % des accouchées françaises mourraient d’infections, c’était rare parmi les femmes juives.

« Quand les jours de sa purification seront achevés, elle offrira en holocauste un agneau d’un an et un pigeonneau ou une tourterelle pour le sacrifice pour le péché. Si elle n’a pas de quoi offrir un agneau, elle offrira deux tourterelles ou deux pigeonneaux et elle sera rituellement pure » (Lévitique 12.6-8).

Suite à son absence au culte, la mère se consacre à Dieu par un holocauste, et parce qu’elle a donné naissance à un être pécheur, elle offre un sacrifice d’expiation pour le péché.

Nous arrivons maintenant au chapitre 13 qui dicte les règles régissant la lèpre (maladie de Hansen), un terme général qui couvre les affections de la peau, mais aussi des objets, vêtements et maisons sous forme de moisissures ou de lichens.

« L’Éternel dit à Moïse et Aaron : Si une plaie fait suspecter une maladie évolutive, on le présentera au prêtre. Si les poils sont blancs et si la plaie forme une dépression, c’est une lèpre. Le prêtre déclarera la personne impure. Mais dans le doute, la personne sera isolée pendant sept jours. Le septième jour, le prêtre l’examinera et si le mal ne s’est pas étendu, il l’isolera une deuxième semaine. Puis il procédera à un nouvel examen. Si la maladie ne s’est pas étendue, le prêtre déclarera cette personne pure ; elle lavera ses vêtements et sera pure » (Lévitique 13.1-6).

L’isolement n’est pas une séquestration mais une proclamation du prêtre en vertu de laquelle le sujet ne doit pas entrer en contact avec quiconque.

À la fin des deux semaines, si la partie suspecte n’a pas évolué, la personne est déclarée pure. De toutes les maladies graves, la lèpre est la seule qui est ainsi détaillée parce qu’elle est considérée comme un châtiment divin infligé au pécheur. Cependant, bien que guéri et pur, le sujet doit laver ses vêtements parce que le seul soupçon de lèpre l’a pollué.

Ces règles d’isolement de Moïse étaient d’avant-garde car en France ce n’est qu’au 19e siècle que furent prises les premières mesures de mise en quarantaine.

« Mais si après la deuxième semaine, le mal s’est étendu, c’est la lèpre et le malade sera déclaré impur » (Lévitique 13.7-8).

Les conséquences pour le malade et sa famille sont effroyables car il est exclu de tout ce qui faisait sa vie et il commence une existence pitoyable de paria pestiféré.

« Lorsqu’un homme sera atteint d’une lèpre déclarée, le prêtre l’examinera et le déclarera impur » (Lévitique 13.9-11).

Dans ce cas la maladie est évidente car déjà bien avancée.

« Mais si la maladie s’étend sur toute la peau et recouvre le malade de la tête aux pieds, le prêtre le déclarera pur car il est complètement blanc » (Lévitique 13.12-13).

Ce passage curieux est très instructif car il explique comment reconnaître un malade contagieux. S’il est devenu tout blanc sans plaie vive, il est en voie de guérison parce que son système immunitaire, ou bien un miracle, a triomphé du mal. Le malade peut alors réintégrer son cercle social et participer à la vie de la communauté. Le texte continue avec quelqu’un qui constate l’apparition d’une maladie de la peau sur un abcès ou tumeur qui avait guéri. La marche à suivre est la même que précédemment : visite et déclaration du prêtre, isolation, examen, déclaration, etc… Ensuite, il est question d’une brûlure qui s’est soit cicatrisée, soit infectée. Puis le texte traite des affections du cuir chevelu avec le même processus que précédemment.

« Lorsqu’un homme perd ses cheveux, c’est une calvitie ; il est pur. Mais si une plaie apparaît dans la partie chauve ou sur le front, c’est une maladie infectieuse, il est impur. Il portera des vêtements déchirés et aura la tête décoiffée et criera : “ Impur ! Impur ! ” Il habitera seul hors du camp » (Lévitique 13.40-46).

Dans la vision du monde de l’Ancienne Alliance, la notion d’impureté revêt deux formes : une maladie physique ou une corruption morale et l’impureté se transmet selon certaines règles précises.

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